Ironman 70.3 Pays D'aix

Un peu d’histoire
(les impatients peuvent aller directement lire la course)

Tout a commencé mi mars, quand mon pote Luca m'a demandé si je voulais bien faire un peu de sport avec lui pour améliorer son endurance.

L'ami Luca s'était mis dans la tête de faire un combat de full contact, et s'était donc mis à l'entraînement de boxe depuis octobre de l'année passée.

Ayant 2 semaines d'inter mission, c'est avec plaisir que j'acceptais d'être son partenaire.
Durant ces 2 semaines, on a crapahuté sur les monts jura, à pied et en VTT, s'amusant même à établir un record pour grimper du départ du télécabine jusqu'à l'hôtel, 600m de dénivelé plus haut. (A l'époque on mettait 1h, aujourd'hui je détiens ce record à 37min 35s)

Après ces 2 semaines de sport, la forme était là, mais il était temps de reprendre le boulot.
Une des questions que j'ai posée lors de l'entretien était: "Y a-t-il une douche dans l'immeuble?"
Bingo, ce job étant à 13km de la maison, j'allais pouvoir y aller tout l'été en vélo.

Dès la première semaine, je n'avais qu'une idée le matin en enfourchant ma monture, c'était de battre mon temps de la veille, pareil le soir en rentrant.
Au bout de 2 semaines, je commençais à vraiment me sentir en forme, et un jour chattant avec mon ami Joël, je décide de fixer un but à tout ce sport, je vais faire une course. Je ne me souviens plus trop comment je choisis le triathlon, mais je tombe sur celui de Genève, je regarde les distances, et cela me parait réalisable (1.5km nage, 40km vélo, 10km course à pied).
J'avais déjà réalisé chacune des distances, alors avec un peu d'entraînement je devrais être capable de les enchaîner.

Pas de bol le tri de Genève tombait pendant nos vacances, en fouinant je tombais sur celui d'Annecy, je l'annonce à Sev, qui me dit vas-y, fonce, et hop me voilà inscrit pour mon 1er triathlon.
De là j'ai passé pas mal de temps sur les sites de triathlon, et bien sûr quand on parle triathlon, on finit par parler Ironman. Et l'idée de faire un Ironman commence à se former dans ma petite tête.

Courant avril, je rencontre Marc, un triathlète au long cours, déjà Ironman, qui m'encourage dans mon entraînement et me donne de précieux conseils.
Toutes ces histoires de sport finissent par motiver un autre de mes amis, Freud, qui se décide de courir un semi-marathon. C'est là que je me dis "moi aussi je vais courir un semi marathon, mais ce sera pour finir un triathlon".
Quelques recherches sur internet plus tard et je tombais sur l'Ironman 70.3 pays d'aix.

Mais qu’est ce qu’un Ironman 70.3?
Ironman est une marque déposée, ce n'est plus simplement la distance symbolique de l'Ironman originel d'hawai, c'est maintenant toute une machine marketing, avec de nombreuses épreuves, et l'Ironman 70.3 en fait partie.
L'ironman 70.3 c'est tout simplement la moitié d'un full ironman, 70.3 c'est la distance totale à parcourir en miles, 140.6 étant le full ironman.

Les entraînements se sont enchaînés, les courses aussi, à pied, à vélo et en triathlon.
Défi de Fort l'Ecluse, Tour du Léman, Triathlon d'Annecy, Triathlon de Thonon, Gruyère cycling tour, Xterra de Prangins.
Chaque course apportant une nouvelle expérience.

Après le triathlon d'Annecy je n'étais plus du tout sûr de vouloir faire un half ironman, la course à pied ayant été un calvaire, mais j'enchainais avec Thonon, 2 semaines après, et là, course parfaite, pleine de plaisir. Le soir même je m'inscrivais pour Aix.

Avant mars de cette année, j'avais déjà beaucoup nagé étant jeune, gardé l'habitude d'aller à la piscine 1 ou 2 fois par semaine et je faisais 3-4h de VTT, mais, de ma vie, je n'avais couru qu'une fois 10km.
J'étais donc en forme, mais pas du tout prêt pour ce genre d'épreuve.

Voici quelques chiffres qui résument mon entraînement durant ces 6 mois:
natation: 45 entraînements, 61km, 21h
vélo: 144 entraînements, 3600km, 183h
course à pied: 77 entraînements, 376km, 50h

250h d'entraînements en 6 mois soit un peu plus de 10h d'entraînement par semaine. Je ne me suis jamais forcé, c'est toujours avec le sourire que je me suis entraîné, avec plaisir, même sous la pluie, même quand il faisait 0° en t-shirt sur mon vélo.
Je suis passé de 85 à 77kg, j'ai changer considérablement mon alimentation (mais je n'ai pas abandonné les burgers, faut pas déconner !)

Tout ça pour en arriver à ce week-end, allez, je vous raconte:

Avant la course
On est parti vendredi en début d'après midi, j'ai passé la matinée à rassembler mes affaires, charger la voiture, préparer mon gatosport (gâteau au chocolat hyper concentré en glucides et protéines, 1000 calories en quelques bouchées). L'expérience des courses précédentes m'apporte une certaine sérénité, j'ai une check-list qui s'est enrichie au fil des courses, je la respecte scrupuleusement, cochant chaque élément.

Photo voiture.

Pour l'occasion on allait rôder la nouvelle voiture (Dacia Logan MCV), beau volume de chargement, mais qu'elle veau, surtout en rodage.

Le trajet se passe sans soucis, il fait beau, un peu de monde en arrivant sur Aix, mais ça nous laisse le temps d'admirer les énormes panneaux "Ironman pays d'aix" qui remplacent les pubs des assurances et lessives.

On arrive à notre appart-hotel. La nana à l'accueil est très volubile, tous ces athlètes qui s'enregistrent ça doit l'ếmoustiller un peu.
Sev aussi est émoustillée, les jambes rasées, fines et musclées des triathlètes ne la laissent pas indifférente.

Rapidement on demande à changer de chambre, la 1ère sentait fortement les déodorants qui n’arrivaient pas à couvrir l'odeur de cigarette.
Dans la 2e pas de soucis, on s'installe, puis on part à la recherche d'un restaurant. Pas de bol pas d'italien aux alentours pour un bon plat de pâte. Par contre le buffet de l'hôtel d'à côté fait bien envie à Sev, il y a des fruits de mer.
Il y a pas mal de légumes, mais j'abuse des petits pains, de carpaccio de boeuf et d'huile d'olive.
On rentre ensuite à l'hôtel.

Je note sur un bout de papier l'emplacement des ravitaillements vélo, je veux m'arrêter au dernier ravito pour boire du coca, histoire de bien aider la digestion avant d'aller courir. Je note ensuite le kilométrage de chaque côte. Je fini par scotcher le bout de papier sur mon vélo puis ododo.

Le lendemain matin, je me réveille vers 6h30, j'en profite pour faire un petit footing en allant chercher le pain. Sans forcer je cours en dessous des 5min/km, c'est bon signe.
Je me sens en forme, en pleine forme même, c'est prometteur.

On se fait un bon petit déj à l'hôtel, puis direction le centre d'Aix et le village expo. Il faut aller récupérer mon dossard.

Photo village expo.

Grosse organisation, il y a beaucoup de monde, les camions régies de France Télévision sont là, ohhh je vais passer à la TV, enfin ils vont ptet pas passer Mr Inconnu qui arrive au milieu de la course, mais on sait jamais ;)
Je retrouve Stéphane, mon partenaire d'entraînement de ces 2 derniers mois, il a déjà un 70.3 à son palmarès, du printemps dernier, mais il compte bien amélioré son temps sur celui là, objectif moins de 7h pour lui, pour moi c'est moins de 6h, peut être un peu prétentieux comme objectif pour une première, mais j'y crois.

Race package récupéré, il y a 3 sacs, un pour chaque épreuve, comme les transitions ne sont pas aux mêmes endroits, il faut que l'équipement soit prêt dans un sac pour chaque sport.
L'organisation est au top, tout est prévu.

Je m'installe sur un banc, Paul m'aide à coller mon numéro sur mon casque et mon vélo. On part ensuite pour le lac de Peyrolles, où je dois déposer mon vélo.

Je passe le contrôle vélo, tout est en règle, mon vélo freine, et il n'y a pas d'arme à bord. (il vérifie surtout la présence de bouchons de protections sur le guidon et les barres pour éviter les bobos en cas d'accrochage. Je me demande si les pointes en bout d'essieu style char romain sont autorisées par contre...)

Photo Vélo dans le parc.

Ensuite on fait un repérage de la zone de transition et du lac.
Il y a une grosse distance entre le lac et le parc à vélo, il va falloir courir 500m en combi.
L'eau du lac est attirante, on a envie de s'y jeter, Dommage on n’a pas le temps de piquer une tête, il est déjà tard et il faut trouver un endroit pour manger.

Photo Lac

Il était censé y avoir un buffet au lac, mais en fait il n'y avait que 3 bouteilles de coca et 2 gateaux aperos.
On part à la recherche d'un restaurant. Pas de bol, tous ceux qu'on trouve sont fermés, fin de saison estivale.
On finit par se replier dans un mcdo, Classe mon alimentation d'avant course !

On rentre ensuite à l'appart se reposer, je joue avec Paul, les jambes surélevées pour bien faire circuler le sang. Bonhomme starwars, uno, mille bornes.

L'après midi passe tranquillement.
On rejoint Stéphane et Nathalie dans Aix pour le goûter. Un petit tour dans le centre puis on rentre. Ce soir on mange dans l'appart, on a tout pour se faire une bonne platrée de PASTA :)

21h ododo, réveil à 4h30
21h15 je me reléve, pipi
21h30 je me relève, je vérifie que ma montre-gps est rechargée
21h45 je me relève, pipi
22h je m'endors, enfin.
3h40 je me réveille, pipi, je sors d'un cauchemar super long, où je me perd en zone de transition, j'oublie mes affaires, je fais des demi tours pour aller les rechercher, et je finis par carrément me tromper de parcours vélo ARGHHHHHH
3h43 - 4h30 je tourne et me retourne et re-retourne dans mon lit
4h30 bibip ah enfin on y est, c'est le Jour J, je l'ai déjà vécu des dizaines de fois dans ma tête.

Jour de course

Je déjeune, 2 tasses de thé, la moitié du gatosport. L'appétit est là, pas de soucis pour ingurgiter la quantité nécessaire.

Ensuite je m'habille, j'attrape mon sac, et là mon téléphone sonne, c'est Stéphane, il me propose de passer me chercher car il pleut, FORT. Quoi ? il pleut ? mais la météo avait prévu un super temps !

Bon ok, je retrouve stéphane, on attrape 3 autres athlètes sur le chemin et on se gare juste à côté des bus qui vont nous emmener au lac.
Bienvenue dans le sud, nous disent les gardiens du village expo sous leur parapluie. C'est le déluge.

Photo bus.

Il y a 20 bus, pour emmener tous les athlètes. On est bien serré, y a de la concentration dans l'air.
On arrive au lac, et là miracle, il ne pleut plus.
Heureusement qu'on avait bâché nos vélos la veille.

Photo parc vélo.

Ils ont passé la nuit au chaud.

C'est le moment de finir la préparation du vélo:

  • Un coup de pompe pour remettre la pression à 7.5 bars dans les pneus.
  • Scotchage de la nourriture sur le cadre. Le vélo ressemble à un garde manger.

Photo vélo

Ensuite on se colle du Lub (GAC pour les afficionados du paris-istanbul) un peu partout, cou, aisselles, entre cuisses. Ca va frotter dur pendant 6h.

Je range les habits civils dans le sac, j'enfile ma combi, Une dernière photo avant de ranger le téléphone (Et oui Matthieu, j'avais mon téléphone jusqu'au dernier moment) dans le sac de transition.

Un petit tour sur le vélo pour vérifier qu'il roule, et que la bouffe est bien attachée. Je le repositionne à mon emplacement, puis c'est le moment d'aller faire pipi, et oui c'est important :)
Bien sûr il y a la queue aux toilettes, alors je fais un petit tour derrière les roseaux.
Je pique du PQ pour une dernière vidange complète, ça serait dommage de devoir s'arrêter au bord de la route. Je me trouve un petit coin à l'écart.
Tout va bien. Vessie et ampoule vide, (il faut vraiment penser à tout).

Il est temps de se mettre à l'eau pour l'échauffement.
21° elle est bonne. Je commence doucement, puis j'accélère la cadence pour faire chauffer un peut la mécanique.

Je repère Stephane sur le bord et vais le rejoindre.
On s'installe sur un caillou sur la plage en plein milieu de la ligne de départ pour regarder les pros partir. Nous on part 5min après.

Mais tout va très vite, dès que les pros sont partis, tous le monde s'avance vers la ligne, j'ai à peine le temps de mettre ma montre dans mon bonnet et de l'enfiler que le départ est donné.
J'enfile et ajuste rapidement mes lunettes en courant dans l'eau, je plonge et c'est parti.
1200 nageurs sur une ligne de 50m de large, ça fait du remou.

Grâce au caillou sur lequel on était, il y a pas trop de monde dans notre sillage, j'arrive à trouver de l'espace assez rapidement.
L'échauffement à fait son effet, les bras ne tirent pas comme ça me le fait souvent dans les 400 premiers mètres.

Je lève la tête, la 1ère bouée est loin, mais je suis sur la ligne.
C'est parti, je nage, bon rythme, de l'espace. 1ère bouée, la montre bip dans mon bonnet, pile poil à 500m, autour de moi beaucoup d'espace, je vois un mec à ma droite qui nage sur le dos, il monte sur un autre gars, mais il s'en fout, drôle de technique, mais efficace, il va aussi vite que moi. Je vois 2-3 mecs en brasse.

Jusque là beaucoup de monde me double. Je m'en fous, la course est longue, je dose mon effort.

On arrive à la 2è bouée, ce coup là il faut tourner. Ca se ressert, fort, beaucoup de monde.
Il n'y a que 20m entre les 2 bouées et beaucoup de monde. Je nage sur 2-3 personnes. Je double pas mal de monde dans ces 2 virages, bien négociés.

Ca bip dans mon bonnet, 1km, on a fait la moitié.

Et ça repart par contre je dérive à gauche, je me dis que c'est pas grave car on doit sortir à gauche, le problème c'est qu'il y a une mini digue que j'avais pas repéré.
Obligé de revenir à droite pour repartir ensuite à gauche, j'ai du faire un peu de rabe.

Je me mets dans les pieds d'une nageuse, elle va vite, je nage fort pour rester derrière elle. Et on double, sympa.

3e bouée, ça bip, 1500m allez on tient le bon bout. Je vois la zone de sortie. Je me concentre sur ma glisse, l'oscillation, je me sens bien. Aucune fatigue, pas essouflé.

On sort de l'eau, ça tourne un peu, un bénévole m'aide à me tenir droit, je commence à courir.
Il y a 500m jusqu'au vélo.
J'enlève le haut de ma combi, (pas de soucis de zip ce coup là), mon bonnet, j'attache ma montre à mon poignet et prends mon temps intermédiaire natation, j'ai fait le 1900m en 35min, mon meilleur temps sur la distance.

Et on court, sur un tapis posé sur un chemin de gravier, c'est un peu limite pied nu.

Zone de transition: On me donne mon sac, je finis d'enlever ma combi, j'enfile mes chaussettes, puis mes chaussures de vélo, casque, lunettes, j'enfourne la combi le bonnet et les lunettes dans le sac, je le donne à un bénévole et je cours à mon vélo.

J'avais bien repéré ma place et je le retrouve direct. Je suis surpris par le peu de vélo restant dans le parc. Il y a beaucoup de monde devant moi.

J'ai pourtant nagé vite, mais le niveau de natation est bien plus élevé que dans les autres tri que j'ai fait. d'habitude je sors au milieu, là je suis pas loin du 2e tiers 758/1200
http://connect.garmin.com/activity/117045360

Pour ceux qui se demandait pourquoi j'ai mis autant de temps en transition voici l'explication, 500m à courir avant de se changer
http://connect.garmin.com/activity/117045486

J'attrape mon vélo et je cours jusqu'à la sortie du parc. Là je vois Sev et Paul, je les appelle, je monte sur mon vélo et c'est parti.

Photo départ vélo.

Les jambes sont froides, les 1ers coups de pédales sont difficiles. Le début du parcours est plat, ligne droite, j'en profite pour attaquer une barre de céréale, j'ai du mal à mâcher, j'essaye de la glisser dans la poche de mon trisuite, mais ça tient pas, j'arrive à la caser entre les câbles de mon guidon. Il me manque clairement une table à manger sur ce vélo, ainsi qu'une poubelle de table.
J'emmène le vélo au delà de 35kmh, mais le cardio monte très vite. J'avais prévu de rester à 160, max 170 dans les montées, mais je suis déjà à 170 sur le plat.

Les jambes sont raides mais j'ai pas l'impression de faire de gros effort, je décide de rester à 170, je diminuerais l'effort dans la montée si nécessaire.

Je regarde ma feuille de route, 1ère côte dans 10km, la tête dans le guidon, je fonce et je commence à doubler, ça motive, y a des brutes qui me doublent, ils vont très vite, plus de 40kmh je pense, moi je suis à 37, effort minimum, et je double :)

1ère côte, 5km, 3.6% de moyenne, de la rigolade, hop avalé, puis la descente, la route est sèche, malgré la grosse averse du matin, je fonce.
Avant chaque courbe je gueule: “serre à droite, ça passe à gauche”
Les bras sur les barres, la tête dans le guidon, je double :)

A peine fini la descente, ça remonte, ce coup là 10km de prévu, 4% de moyenne, quelques passage entre 8 et 10%, je surveille le cardio, je tire bien sur les pédales dans les pentes raides, ça grimpe bien, bon feeling.

1er ravito, j’attrape une bouteille d’eau en roulant, mais elle m’échappe des mains et va s’éclater dans les jambes d’un volontaire, oups désolé. Pas le temps d’en attraper une autre, heureusement il me reste une gourde pleine. Il fait pas trop chaud, ça devrait suffire.

On arrive au 25e km et je vois un panneau “finish 60km”, bizarre la course serait short de 5k ? mon gps a déconné au départ ?
Je demande autour de moi, on me confirme, tout le monde a 25k au compteur, la course est short. GRRR

Descente à nouveau, ça tournicote sévère, il faut faire bien attention aux autres cyclistes quand je leur fait l’intérieur.

Et hop ça remonte, celle la est courte, mais 4.2% de moyenne, et un passage à 12%.
Dans la montée un gars me rattrape et me demande comment je fais pour aller aussi vite en descente.
Je lui demande d’où il vient, Paris :)
Je lui explique que moi j’habite dans le jura, et que tous les plans d’entraînements ne lui apprendront jamais à négocier une épingle.
Par contre il monte bien, il a du en faire des fractionnés cadence.

Puis voilà une longue descente, enchaînement de virage, encore et encore, je suis dans la zone, sans visibilité je sens comment négocier les virages, où freiner, où lacher les cheveaux (heureusement que la route est fermée à la circulation, car j’ai passé beaucoup de temps à la corde sur la file de gauche).

Je laisserais quand même 2 ou 3 traces de gommes sur le bitume, lors de dépassements tendus dans les épingles, dont un sous les yeux du public qui a poussé un gros OHHHHHH avant d’applaudir ma relance en danseuse en fin de virage.

Une zone de plat entre 2 bosses, route étroite, beaucoup de monde. Et du vent, ça triche, les mecs prennent l’aspiration, c’est interdit. Heureusement les arbitres en moto veillent, mais l’un d’eux s’approche de moi et me fait signe de m’éloigner, je lui dit que ça bouchonne, il demande aux gars de s’écarter, hop je baisse la tête, je pousse, et je double. L’arbitre reprend son chemin et sanctionne 2 tricheurs un peu plus loin, ils passeront 4min en prison à l’arrivée du vélo.

La dernière bosse, la plus dure bien sûr, 4.5% de moyenne, du gros raide mais pas très long, j’ai même pas regardé le compteur pour voir le pourcentage. Il reste un peu plus de 15km derrière pour se reposer, je décide de l’attaquer, le cardio dépasse les 180 quelques instants.

Et la dernière descente, allongé sur le vélo je recherche la vitesse avec le minimum d’effort, je continue à pédaler pour pas que les jambes refroidissent, mais sans les fatiguer.

Dernier ravito, 10km de la fin du vélo, j’ai besoin de rien mais je veux boire du coca, pour aider ma digestion. Je ralentis, je gueule coca, on me répond y en a pas.
Et zouf zouf zouf, un groupe de 20 cyclistes me grille.
RAHHHH non. J’aurais jamais du m’arrêter, j’ai perdu mon élan, je me suis fait doubler par 20 personnes, je dois me relancer, et tout ça pour RIEN.

On arrive en ville, je regarde ma moyenne, 30km/h tout rond, Excellent, avec les 5km de moins, je finis le vélo en 2h50

431e position à la fin du vélo, j’ai grillé 327 personnes :)

http://connect.garmin.com/player/117045508

J’arrive au parc à vélo, et je décide de me la jouer pro, je défais mes chaussures tout en roulant, en les laissant clippées sur le vélo. Je finis les 100 derniers mètres avec les pieds posés sur les chaussures.

Photo velo pied chaussure

Pourquoi ? Encore une fois il y a une longue transition 300m à courir entre la dépose du vélo et la zone pour se changer, pas envie de courir avec les pompes de vélo, je les laisse donc clipées sur le vélo, laisse mon vélo à un bénévole et court me changer.

Sev est là avec Paul, Ils crient “Moins de 3h, bravo”, ça fait chaud au coeur, et pour le moment tout va bien, j’ai pris 5min sur la nage, 10 min sur le vélo, et j’avais 20min de marge pour finir sous les 6h. Si je tiens l’objectif de la course à pied en 2h, je peux finir en 5h30.
Tout est possible, y a plus qu’à courir

Photo arrivée vélo

Je récupère mon sac course, j’enlève casque et lunette, j’enfile mes chaussures, j’attrape mes gels, et c’est parti.

Photo départ course.

Les jambes sont là, pas raides, pas de douleurs, ça enchaine, ça va vite, 5’10 au km, mais c’est trop rapide, cardio à 170, normal à cette vitesse, je ralentis.
Mais l’affichage sur ma montre, ne baisse quasi pas, ah normal, je suis sur vitesse moyenne, et pas instantanée. Hop un bouton et je vois ma vitesse.
5’30, c’est rapide mais je me sens bien, alors go.

1er ravitaillement, comme prévu, je marche, un verre d’eau, un bout de banane, une gorgée de coca, verre d’eau, et ça repart.

Bon la course est pas plate, mais vraiment pas plate.
D’arbord ça grimpe, doucement, puis une grande descente, je vois les mecs qui remontent dans l’autre sens, ouch, ça va être dur.
On arrive dans un parc, ça monte, ça descend, on passe un pont, tout au bout du parc un ravitaillement, toujours le même rituel, ça se passe bien dans mon ventre, le rotosaure est calme.

Je repars du ravito, du plat, je cours vite, et là sortie du parc, du raide, 15m seulement mais très raide. Tu sors du raide et c’est la longue montée.
La vitesse chute, c’est long.
Un point de côté ou une crampe qui se déclare, pas violent, je la connais cette douleur, je fais avec, elle passe rapidement.

En haut de la montée le dernier ravito du tour. A nouveau je marche. C’est pas que je sois fatigué, mais j’ai le cardio qui flirte en continue avec le 180, je profite du ravito pour boire, manger et surtout faire redescendre le cardio.
En repartant je suis à 160, ça remonte vite à 170, mais c’est mieux que 180.

La fin du tour est en descente, en ville, y a plein de monde.
J’approche de l’arrivée, Sev et Paul sont là, “Allez papa”, c’est bon ça.
Je choppe le sourire, il me quittera plus pendant tout le 2e tour.

Il est bon ce 2e tour, au 1er ravito j’ai vraiment faim, il doit être 13h, je vide un gel juste avant, je bois beaucoup d’eau pour le diluer, un bout de banane, du coca pour faire passer, un verre d’eau sur la tête, et ça repart.

Et j’ai le smile, j’ai fini le 1er tour en 35min je suis dans les temps, mais il manque un peu plus de 500m, la course est plus courte que prévue, ça m’énerve, mais bon j’y peux rien, alors je souris à tout le monde.
Y a les prénoms sur les dossards, les gens nous encouragent en nous appelant, c’est sympa.

Dans la montée, je sens mon mollet droit qui contracte, aie, pas bon signe, alors je me concentre et j’essaye de plus pousser sur la gauche. Ca marche, la contracture ne se déclenche pas, je continue sans douleur.
Je lève les bras quand on m’interpelle, je gueule GO GO GO, et j’avance.

Au ravito du parc je rattrape Stephane, une petite tape sur l’épaule, “Je te prends un tour l’ami :)”
On discute pendant le ravito en marchant, puis on repart, Stephane s’accroche, c’est son 1er tour. Il me suit 2km, mais je le lâche dans la montée.
Fin du 2e tour, j’ai la pèche, je repasse devant Sev et Paul, je tape dans la main de Paul

Photo paul et moi

Et j’attaque le 3e tour, mais là c’est dur, le coup de barre dans les jambes. C’est fini, la course plaisir laisse place à la course d’endurance, la vraie, celle où tu vas chercher la force de chaque pas dans tes tripes.
J’arrive encore à sourire aux encouragements. Mais je ne pense qu’à une chose, ne pas craquer, ne pas marcher avant le prochain ravito.
Il arrive ce ravito, hop je marche, quel soulagement, c’est surtout derrière les cuisses que ça tire.
Le rituel: eau, banane, coca, eau, et je repars, oui direct, je me pose pas de question, quand je jette mon verre d’eau dans la dernière poubelle, je me mets à courir, tout de suite.
Là c’est facile, c’est la descente. Je double du monde, ça m’arrive pas souvent à la course, depluis le début je me suis fait dépasser par un paquet de monde.
Y a beaucoup de monde qui s’arrête pour vomir, moi je vais bien, j’ai faim, l’estomac creux, mais ça va bien, juste les jambes fatiguées, ça tire.

Dans le parc, objectif ravito. Je croise Stephane, il m’encourage, “Allez Tom, accélère” J’aimerais bien mais je suis à fond.

Ca commence à tirer fortement le long de mon genou gauche, le ligament doit chauffer sévère.

Ravito, je marche, et rebelotte: dernière poubelle et je cours, mais là ça va être dur dans les montées. J’avale la petite, sans m’arrêter, et le long calvaire de la grande montée commence, aller aller aller.
La fontaine, le ravito, le dernier, dernière pause de marche avant le final. Dernière poubelle, et je cours.
Allez on profite, on lève les bras à chaque hourrah, chaque encouragement. Je gueule, je peine, c’est dur, mais je suis content.
Ca y est Paul et Sev au bout de la rue.

Photo dans la rue

Dernière ligne droite, ça monte. Je vois l’horloge, 5h34, je peux finir dans les 5h30, allez je pousse, je passe l’arrivé, je m’arrête sur l’estrade, 5h36 YESSS, en fait encore mieux, 5h32, l’horloge était callé sur le départ pro 5 min avant nous.

On me donne ma médaille de finisher, mon Tshirt, je retrouve ma famille, je l’ai fait, et bien fait. Avec le sourire aux lèvres du début jusqu’à la fin.

Stéphane fini 50min plus tard, en 6h25, il bat son temps de 45min, bien joué.

Malheureusement on doit repartir rapidement pour Crozet, on ne profitera pas de l’ambiance de fin de course.

Mais quel plaisir, beaucoup de gens pense que ce genre d’épreuve n’est que souffrance et dépassement de soi, mais avec la bonne préparation, le bon entraînement, on peut vraiment se faire plaisir, c’était mon cas.

Aujourd’hui j’ai les jambes raides, la cheville gauche qui bloque, et le ligament le long du genou gauche qui fait mal. La cheville, c’est une vieille histoire, c’est une douleur que je gère depuis 15 ans, avant je ne pouvais pas marcher 1h, courir n’était même pas une option. Aujourd’hui je cours le semi marathon :)
Le ligament ça va demander pas mal de repos, donc pas de course à pied pendant quelques temps, tant pis pour la foulée de Crozet ou la course de l’escalade.
Pour éviter cela il faudra que je fasse plus d’étirement. C’est une des parties de mon entraînement que je dois le plus travailler : le stretching.

Maintenant attendons la neige :)