Xterra Switzerland 2012
Xterra, la seule course que j'ai déjà faite l'an dernier et qui m'a permis de connaître ma progression sur cette 2e année de triathlon.
Après le grand raid, j'ai pris une bonne semaine de repos avec seulement un entraînement natation, je n'ai pas touché un vélo, il fallait que mon popotin se remette de ses émotions.
J'avais d'ailleurs un rdv chez le doc pour faire examiner mon mollet, ayant eu des douleurs lors du triathlon de Nyon. Après une échographie où il voit que tout est bien cicatrisé, il m'annonce que je peux reprendre la course à pied sans risque, que ça va faire encore un peu mal à cause de contractures autour de la cicatrice, mais qu'en serrant les dents et en remusclant bien le mollet, ça va passer.
Cool, j'ai donc repris les entraînements cap, très basse intensité, pour gérer.
J'ai pu courir une 50aine de kilomètres avant cette course, plus de douleur à la blessure, mais effectivement quelques contractures qu'il a fallut bien étirer.
Je me suis un peu laissé aller niveau natation pendant ce temps, donc la semaine dernière, je suis retourné 2x à la piscine. Effectivement j'avais déjà rouillé un peu, et j'ai rapidement eu très mal au bras lors du 1er entraînement. Pour le 2e, j'ai décidé de me faire vraiment mal avec du fractionné, histoire de bien réveiller la machine et réapprendre à aller vite.
Et nous voilà arrivé Samedi 8 septembre, jour de course.
Réveil à 6h50, 78.3kg à la pesée, juste 200g de plus que l'an dernier.
Gros petit dej, puis préparation du matos, aucun soucis à ce niveau, ma checklist est maintenant bien rôdée, je charge la voiture pendant que Charlotte joue dedans, elle aura réussi à toucher tous les boutons du tableau de bord, bravo.
11h, je me fais une bonne platrée de pattes avec du jambon. J'adore les courses d'après midi, beaucoup plus simple de gérer sa nutrition d'avant course.
Et juste après manger, en route pour la suisse. Il fait beau, j'ai du temps, je passe par les petites routes. J'arrive à Nyon, et je suis une voiture avec des VTT, mais ils ont déjà les dossards, je me dis qu'ils ont du faire la version light du matin,
Il tourne à gauche au lac, effectivement ils ne vont pas à Prangins, moi je prends à droite, persuadé de trouver rapidement le parking dans le champ. Mais au bout de 15 min toujours pas de parking, et je me retrouve à Coppet.
HoHo, perf, c'était bien à gauche, GRRRRR, demi tour, et retour à Nyon. Et 5 min plus tard me voilà sur le site de la course. Bravo, moi qui pensais pouvoir me faire une mini sieste avant la course, bah j'ai perdu 30min et accumulé un peu de stress.
Je décharge la voiture, remonte mon vélo, vérifie la pression des pneus, 1.9kg avant et arrière, niquel.
Et je file vers le village de course pour récupérer mon dossard. Contrôle des licenses, récupération des goodies, pas de bol plus de tshirt en XL, que du L. Ca va être moulant, pas terrible pour un manche longue.
Sur le trajet ma pédale droite faisait un drôle de bruit. Je passe au stand technique et il m'explique que le roulement est en train de lâcher, un peu de graisse et le bruit disparait, ça tiendra pour la course me dit-on.
Rahhh c'est pas de bonne augure ça, l'an dernier j'ai cassé ma chaîne dans les 50 derniers mètres.
Le parc à vélo ouvre, je pars m'installer. Et la 2e déconvenu, je me rend compte que j'ai pris 2 chaussettes gauches. Oui pour la cap, j'ai des chaussettes de courses, et elles sont taillées de manière spécifique. Bon il faudra bien que ça passe.
J'installe ma bouffe sur le vélo et me rend compte que j'ai oublié mon scotch dans la voiture, heureusement un concurrent sympa m'en prête. Après 2-3 essais, je décide de mettre la bouffe dans ma petite sacoche devant le guidon, et de coller le matos de réparation sur le tube de selle, comme ça pas besoin de sac à dos.
Je décide aussi de partir sans gourde, le 1er ravito est à 8km, et ils fournissent les gourdes. C'est un peu risqué, mais ca devrait le faire.
Il est 13h, j'ai 1h avant le départ et tout est prêt. J'attrape mon trisuit, et je file au vestiaire me changer, j'en profite pour faire une vidange, avec le stress de la voiture, j'ai les boyaux en sac de noeud et l'ampoule pleine.
Comme j'étais le 1er dans le parc à vélo, pas de queue aux wc, cool. Parce qu'après moi, y en a 10 qui attendent déjà. Et bon courage, parce que j'ai atomisé le chiotte ...
Je m'installe ensuite dans l'herbe, face au lac, je m'allonge et ferme les yeux, encore 30min avant de se mettre à l'eau, je profite du moment, pas d'enfant, pas de boulot, faire le vide, profiter du soleil.
15min avant le départ, j'enfile ma combi, et je pars m'échauffer. L'eau est à 18°, niquel. Je nage jusqu'au 2/3 de la 1ère bouée, alternant les rythmes. J'ai un peu mal au bras, mais c'est toujours comme ça pendant les 1ères minutes.
Je reviens au bord, et je me trouve une place au soleil sur un caillou juste à côté de la ligne.
5min, 2min, je me remet à l'eau. Cette fois ci je me met à la corde, sur la meilleure ligne. Au milieu du troupeau, je vais en découdre.
Go, on est lancé, pour 2 boucles de 750m, c'est serré, j'ai le souffle court, c'est le combat. Mais j'ai l'expérience maintenant, pas de panique, j'esquive à droite, je pousse à gauche, je fais ma place.
J'ai du mal à prendre un rythme et je suis plus lent que le groupe, ca me double de partout.
1ère bouée, beaucoup de monde, 2-3 brasses pour passer, puis ça repart en crawl, et là ça s'écarte, la bouée suivante est loin, je ne la vois pas. Pour éviter mes déboires de nyon, je décide de toujours garder les autres à ma gauche.
Ca y est je vois la bouée, parfait je vais droit dessus, pour le moment pas de problème d'orientation.
Je commence à prendre un bon rythme, je ne me fais plus dépasser, je prends les pieds d'un gars et profite de son aspiration.
On passe la 2e bouée, je repère direct la 3e et je tiens ma ligne. Là c'est bon, je suis chaud, j'accélère, je commence à doubler du monde, ahhh c'est bon ça.
Passage de la 3e bouée facile, le peloton s'est bien étiré. J'attaque le 2e tour.
Toujours bien sur la trajectoire, je reste bien concentré sur la bouée, et je profite d'être au calme pour soigner la technique.
Pour une fois je pense à aller vite, je me force à me faire mal.
Je mets même des jambes. Je vire les 2 bouées, et me voilà en direction de la sortie, dernière ligne droite.
Je double pas mal de monde, je me sens bien, le rythme est là.
Ca y est je sors de l'eau, rapide coup d'oeil à la montre je vois 28, yes mon meilleur temps sur 1500m en eaux vives et 4 min de moins que l'an dernier.
Je cours jusqu'au parc à vélo, la transition est courte, ça va vite.
Je sèche mes pieds et enfile mes chaussures, pas de chaussettes, j'ai testé dernièrement, et ça passe bien. Et avec tous les passages dans l'eau, je préfère sans.
Dossard, casque, c'est parti, et zut j'ai oublié de boire. Trop tard, je fais pas demi tour. Il faudra faire avec. Pu une si bonne idée de partir sans gourde...
J'ai le cardio très haut, j'ai vraiment poussé fort sur la fin de la nage.
On attaque le 1er passage difficile, on roule entre la route et le champ, c'est en devers, un peu comme roulé dans un fossé.
Et là le vélo se comporte bizarrement, je chasse du cul. J'ai l'impression d'être crevé, MERDE.
Je regarde rapidement, non je ne suis pas à plat. Mais j'ai dû crever parce que je suis très bas en pression. Je m'habitue à la sensation, et ça passe. Y a des fusées qui me doublent sur ce passage, moi même je double quelques gars, mais pas au même rythme.
On arrive sur un terrain un peu plus stabilisé, je vérifie le pneu, pas si à plat que ça, même si il est bien mou.
2 choix:
M'arrêter et mettre un coup de gaz pour regonfler, mais casser mon rythme, et pourrir ma seule cartouche au cas où je crèverais plus tard.
Continuer et perdre un peu de rendement.
Je décide de continuer.
On arrive dans la forêt, et là ça bouchonne, passage d'un tout petit pont, puis la descente dans la rivière, y a 15 personnes, on est à l'arrêt. Rien à faire, il faut attendre.
Finalement je passe, on arrive dans la rivière, tout le monde pousse son vélo, pas moi, merci les grandes roues de 29", y a 10cm d'eau et des grosses caillasses, mais je roule, je double tout les trainards qui bouchonnaient juste avant.
On sort de la rivière, c'est le single très serré dans la forêt maintenant, impossible de doubler. Les gars devant moi sont pas très rapides et ils posent le pied à terre à chaque passage un peu technique. GRRR.
A la 1ère occase, je me les watts et je double.
A nouveau du champ, j'ai les jambes, j'envois. Ensuite ça enchaine, single en forêt, champ.
Et on approche du ravito, mais mauvaise surprise il n'est pas ouvert. Je gueule "Il me faut une gourde", un volontaire file au cul du camion et me tend une gourde, même pas eu besoin de ralentir, merci mon gars.
Mi parcours du 1er tour, le cardio s'est stabilisé, j'ai de bonnes sensations, les jambes sont là, les relances aussi, tout se passe bien.
Je fini le 1er tour en 51min, 3min de moins que l'an dernier.
A nouveau le fossé, je me sens mieux qu'au 1er passage, mais à nouveau je sens ma roue arrière qui chasse, j'ai encore perdu de la pression.
2-3 fois je sens la jante qui touche.
On repasse dans la forêt, ce coup là pas d'embouteillage, tout s'enchaîne correctement. Je m'accroche à un gars en rouge, il a un bon rythme. Mais dans les passages techniques il peine. Je le double, et il me reprend dans les parties roulantes.
Mais finalement il lâche et ne revient pas.
Je trouve un autre lièvre, profites de son aspiration dans la grande ligne droite exposée au vent, puis je le grille un peu plus tard.
On approche de la transition, je pousse bien fort dans les parties roulantes.
Ah zut, je rate un virage, j'avais la tête dans le guidon sur une partie gouderonnée, et y avait personne pour indiquer qu'on rentrait à nouveau dans le champ.
Je perd 10m, et mon élan, demi tour, zut 5 mecs me passent, dont mon lièvre.
Je relance, mais ne les reprend pas, bon c'est pas bien grave, maintenant on va attaquer la partie qui fait mal.
Je descend du vélo, le pousse dans le parc, ouh là, y a déjà pas mal de vélos qui sont rentrés, je dirais bien les 3/4, rahhh les cochons, quel niveau!
Je pause le vélo en 1h42, 10 min de moins que l'an dernier :)
Je rince mes pieds, les essuie, j'enfile mes 2 chaussettes gauche, puis mes nouvelles New Balance, je vérifie que j'ai bien mon dossard, et je m'élance.
Zut encore une fois j'ai oublié de boire avant de partir, heureusement il y a un ravito au bout de 500m.
Je me sens bien, les 2 premiers kilos sont assez plats, je file à 5'05/k, c'est excellent. Bon y a des bosses, des buttes, il n'est pas simple de tracer.
1er km en 5'45, très bon.
2e km en 5'45, mais c'est excellent ça.
On attaque la forêt, et là ça grimpe, je passe les 1ères bosses en courant, et je relance bien derrière, mais on arrive à la grosse montée, je m'y fais doubler par la 1ère féminine, moi je marche, et elle, elle sautille, facile :)
dans la descente je la reprend, hehehe, mais sur le petit bout de plat derrière, elle s'envole, ciao.
2e longue montée, moins raide, mais j'ai pas le jus pour la courir, je marche rapidement, je balance bien les bras, et je recours dès le replat.
4e km j'ai perdu le rythme, sur le plat ça devient dur. Il y a ensuite une partie légèrement montante, et je suis obligé de marcher quelques mètres.
6'04, ça reste correct.
J'attaque le 5e, et là coup de barre, j'ai faim, j'ai plus de jus. Je sais que le ravito n'est plus très loin, malgré la gorge sèche, je m'envois un gel, je le rincerais dans pas longtemps, mais je sens que ça suffit pas, alors j'en prend 1/2 en plus.
J'arrive au ravito, je me gorge d'eau, me rince la figure, et je repars. Là j'ai mal, c'est dur, j'en chie. 6'21 sur du quasi plat, c'est pas bon.
6e km c'est toujours dur, j'avance pas. 6'24. Mais sur la fin ça commence à aller mieux. Aller c'est décidé je fais le suivant en moins de 6'
7e km j'ai la niak, j'ai dû absorber les gels, c'est incroyable, je repars comme au 1er kil, bon par contre j'ai l'ischyo droit qui tire méchament, d'ailleurs juste devant moi un gars s'écroule, crampe, il se tortille dans le champ. Moi je sers les dents, et je continue, le gps oscille autour de 5'40, je vais le faire ce kil en moins de 6. et bip, 5'47 YES.
Me revoilà dans la forêt, ce coup là je marche toutes les bosses, mais en marche rapide. Et ce coup là je me promet de ne pas marcher dans la petite montée de l'avant dernier kil.
9e km 6'01, c'est bon ça
10e km j'ai la gouache, j'envois, je double du monde, ça ne m'arrive pas souvent de doubler du monde en cap. 5'47 à nouveau, extra.
Ca y est voilà la ligne, plus qu'à sauter les balots de paille, hop avalé, 3h20 à l'horloge de la ligne, ENORME, 21 min de moins que l'an dernier.
je boucle le 10k en 1h05, 7 min de gagnées.
Je suis à bout, les jambes sont mortes, j'ai tout donné, il ne reste plus rien. Mais aucune douleur au mollet pendant toute la course, c'est bon, c'est fini, je suis guéri :)
Je peine à rester debout devant le ravito final. Coca, bananes, "Vous n'auriez pas du chocolat?", "Non y en a plus", bah oui c'est que je suis pas dans les 1ers. "Ah si regardez il reste 4 morceaux"
Hmmmm que c'est bon.
Allez encore 3 morceaux de bananes, et 2 verres de coca et je vais m'effondrer à côté de mon vélo.
Ouahhh c'était bon, quelle forme.
Quelques étirements pour pouvoir à nouveau bouger les jambes et retourner à la voiture.
Puis retour à la maison, avec le passage traditionnelle au Mcdo :)
Bilan: Quand on fait un bon vélo, on fait une bonne cap derrière, et pour être bien en triathlon, il faut être bien en posant le vélo.
Comparaison run split 2011 / 2012
1 - 6'11 - 5'45
2 - 7'19 - 5'45
3 - 7'18 - 7'28
4 - 6'58 - 6'04
5 - 6'52 - 6'21
6 - 6'55 - 6'24
7 - 9'03 - 5'47
8 - 7'26 - 7'51
9 - 7'15 - 6'01
10 - 6'32 - 5'47
1h12'52 contre 1h05'10
Pour gagner des places, c'est simple, il faut que je bosse les 3 disciplines, car même si j'ai bien progressé en vélo cette année, il y a encore beaucoup de boulot avant d'être compétitif. En nage je suis encore loin du niveau que j'avais quand j'étais jeune, et en course j'ai même pas repris mon niveau de l'an dernier.