BRM 300 de Grenoble 2014: Le tour du Vercors
2eme rendez vous important de la saison, le 300. Là on commence à parler longue distance.
Cette année c’est le tour du Vercors qui est au menu. Un parcours que les copains ont déjà fait, mais qui est nouveau pour moi. On m’a dit que c’était assez roulant et que j’y ferai des étincelles. Mouais pas sur. Les 100 premiers kil avec pas mal de grimpette me faisait douter, même si je savais que sur les 100 suivants en descente j’allais pouvoir m’exprimer.
Depuis le début de l’année, je fais tourner les jambes, régulièrement, mais jamais en puissance, j’ai une tendinite au tibial postérieur, qui se manifeste par une douleur sous la malléole gauche et qui m’empêche de travailler en force. Par contre ça m’a forcé à travaillé sur ma vélocité, je tourne mieux les jambes, je pédale plus “rond”. Et les quelques bosses que j’ai grimpé sont bien passés. Mais bon j’ai vu les sorties des copains, et ils en bouffent du dénivelé, genre 2x plus que moi.
Alors je partais dans l’idée de rouler ces 100ers kilo à mon rythme, souple, et d’essayer de rattraper les copains dans les 100 suivants, pour finir en groupe sur les 100 derniers qui peuvent être pénible tout seul.
Avec un budget limité pour les courses et déplacements, j’avais prévu de dormir dans la voiture, comme l’an dernier. Mais au dernier moment, Je trouve une petite place dans l’appart de Bridou, une pointure des courses longues distances. Chouette occasion de faire connaissance, le problème, Valex y est invité aussiMais, au dernier dernier moment, c’est Olivier (ultraman) qui m’invite aussi, et là pas besoin d’amener de matelas etc, Il a une chambre d’ami.
Mon vélo tout propre, prêt à affronter le bitume et la nuit.
Je pars samedi vers 16h de chez moi pour avoir le temps de passer au décathlon d’Annecy, ayant déchiré mon vieux gilet jaune mercredi dernier en haut du salève. Il est énorme ce décat, plein plein plein de matos de vélo. J’y trouve un gilet très saillant, et une paire de jambière, j’en ai marre de rouler avec mon collant de running par dessus mon cuissard, c’est pas prévu pour, et c’est très désagréable au niveau de la ceinture.
Je file ensuite chez Olivier pour y passer la soirée. La discussion va bon train autour du plat de pâtes partager avec sa famille, on y parle trial, ironman et vélo. Ce fada a fait un trail de 140km en 36h l’an dernier, 11000m D+ …
A 20h30 je suis au lit, réveil à 2h30.
1h37 Olivier me réveille. Je comprend rien. Ah oui c’est le changement d’heure, et le téléphone change d’heure à 2h, donc mon réveil à 2h30 n’aurait jamais sonné, car de 1h59, on serait passé à 3h. Ouf gros #fail évité.
Allez hop, bol de céréale et choco prince, puis 3h10 nouvelle heure, on décolle pour la place de Sfax.
Cricri
Olivier et David, Franco de dos
Votre serviteur et Valex de dos, et tout à droite un des cyclo avec lequel je vais passer une bonne partie de la journée.
Je passe récupérer ma carte de route, Jean-Philippe (formidable organisateur de ce brevet) vérifie mon éclairage (avec envie), ce coup là je m’arrête au stand pâtisserie et je déguste la cuisine de JP.
Il fait très bon place de Sfax, 9°, pas de vent. Je décide de partir sans les sur-chaussures. Grave erreur.
On discute en attendant que JP ait rangé tout son matériel, puis à 4h10 on s’élance.
les 1ers km sont régulés, on suit JP jusqu’à la 1ère grimpette. Ca permet de rencontrer du monde et de discuter. JP à un nouveau vélo, et il me fait le détail. Belle machine que ce synapse. Lui est envieux de mon éclairage. Il faut dire que j’ai une des lampes avec le faisceau le plus large du peloton.
Après 18km à 20kmh, Valex allume une mèche. Ah on doit être au bout de la partie à allure régulée. Raid vieux Bridou (Pascal Bride) engage la machine, et rattrape l’ami Valex, puis enchaîne.
Allez tiens si je suivais un peu pour voir le rythme. Je sais que la pente n’est pas bien forte au début, et que je n’aura pas à passer en force. Alors je mouline, et je suis. Olivier me rejoins, et je me rend compte que je n’arrive pas à lui parler. Je suis déjà à bout de souffle. J’allume l’éclairage du GPS, et je vois que je suis à plus de 180 au cardio … Pas terrible quand on s’élance pour une journée de 13h d’effort d’être à pas loin de 90% de son max. Je décide de lever le pied, et voit le petit groupe de tête s’éloigner lentement.
David me passe, et je le laisse filer. Mais soit ça se calme devant, soit je me sens mieux, l’écart ne se creuse plus. Je profite de la roue de 2 costauds qui remonte vers Pascal pour renvenir sur David. Je rallume le cardio, mais je suis à nouveau à 180.
Bon tant pis je vais suivre mon plan de route, et rouler ces 1ers 100k à mon rythme.
Un peu plus tard je me fait reprendre par Patrick, qui avait fait tout le 200 en tête au début du mois, et avec qui j’avais terminé. Il grimpe plus vite mais je le suis un bout de temps avant de lâcher prise. J’arrive enfin en haut de ce 1er col, en 1h, 160 de moyenne au cardio, ca va je suis resté raisonnable, pas comme un certains David qui est monté en moins de 50min
J’attaque ensuite la descente, tête dans le guidon, et je double du cyclo, pour finalement revenir sur Patrick et Olivier qui roule ensemble. A partir de là, je vais rester avec Olivier, ou plutôt Olivier va rester avec moi, jusqu’au bout.
Le jour commence à se lever quand on attaque le col de la croix Haute. Patrick et Olivier file, moi ce coup là je monte a mon rythme. Il y a une descente encore plus longue derrière, je suis sur de rattraper du monde.
Mais surprise, quand j’arrive en haut, Olivier m’attend, il en a profité pour faire une pause casse croûte.
Patrick repart direct, mais Olivier m’attend pendant que je fais une pause pipi, puis que je m’habille pour attaquer la descente.
Il fait 2°C ici, j’ai déjà les pieds bien froid. Avec les jambières toute neuve, pas de soucis, et en haut mon coupe vent est parfait.
On attaque donc la descente, et un très long faux plat descendant, ou l’on va se tirer des relais à 40-45kmh.
Là c’est terrible, on a les pieds gelé. Quel connerie de pas avoir mis les sur-chaussures.
On fini par rattraper Patrick. Puis au 1er contrôle, on tombe sur un groupe qui repart quand on arrive, tiens il y a le petit père David.
On s’arrête juste le temps de se déshabiller, puis on repart, mais le groupe de David est déjà loin. On les aperçoit, mais on ne reprend pas de terrain. Cette portion est assez suante avec pas mal de faux plat montant. Beaucoup moins drôle que précédemment.
Tout au bout on peut apercevoir le groupe de David. Bon ok il faut le deviner en fait.
Vous pouvez admirer mon beau gilet tout neuf.
On attaque ensuite la 3e difficulté du jour, le col de Cabre. Je profite qu’Olivier fasse le plein pour prendre quelques hectomètre d’avance, puis je prend cette photo
Genre je suis easy et je prend une photo en train de larguer Olivier, mais bon en fait il est en train de remonter fort vers moi.
Bon là on voit pas très bien mais tout en haut, le petit point jaune, c’est Olivier qui m’a enfumé. Il prendra d’ailleurs la 10e place sur le segment du col Cabre sur Strava …
Au sommet du col, Olivier a rattrapé David, et il casse la croûte tranquille pendant que je fini l’ascension, tranquille aussi
Tiens ça y est, les pieds ont dégelé. Ouf.
On repart tous les 3 dans la descente, mais là c’est moi qui mène, et tout en bas, j’hésite à remonter pour aller les chercher. Hmmm mouais, il reste quand même 150k à faire, je décide juste de manger un morceau en les attendant. Chacun son tour.
Et on repart pour un long faux plat descendant, on bosse tous les 3, et on rattrape du monde au fur et à mesure, pour se retrouver à 5 au 2e contrôle à Crest.
Là on fait une petite pause de 20 min à la station service, puis au moment de repartir, un 6e nous rejoint. On lui laisse le temps de remplir ses bidons, et on y va.
Mais là c’est une autre paire de manche, entre Crest et Chabeuil, il y a plein de petits coup de cul. Dans le groupe je suis le plus mauvais grimpeur, mais c’est pas vraiment le soucis. Sur chacune de ces petites montées, tout le monde se met debout sur les pédales, et passe en force. Mais moi avec ma cheville boiteuse, je peux pas faire ça. A la 2eme bosse je commence à sentir le picotement sous la malléole. J’essaye alors de passer les bosses en moulinant comme un tordu, mais rapidement j’explose. Dans un faux plat, je laisse le groupe s’échapper.
Ca me dérange pas plus que ça, je vais monter toutes ces petits bosses à mon rythme, et si ça se trouve, après le dernier contrôle, je rattraperai le groupe, on a le vent dans le dos, ce qui diminue l’effet des relais, et je suis le plus gros rouleur du groupe, donc une fois le coup de mou passer je devrais pouvoir les reprendre sur le plat.
Mais en fait dans une ligne droite, je vois que 2 cyclos se sont laissés distancés du groupe. Petit à petit je reprend du terrain, et je reconnais David et Olivier. Je les rattrape en arrivant dans Chabeuil.
On fait un remplissage de gourde, puis on repart à 3.
David annonce qu’il ne reste plus que quelques petites difficultés, et ce sera fini pour les bosses.
Et c’est reparti pour les relais à 3. Mais au bout de quelques kilomètre c’est David qui commence à avoir son coup de mou. J’averti Olivier, qui lui ne fléchit pas. Et hop le David reviens, puis on le reperd, et il reviens. Dans la dernière grimpette, je vois le David tout en bas quand il est en haut. Et Olivier décide de redescendre aller le chercher, et ouais.
Moi je roule pépère, puis décide de faire demi tour pour aller le chercher, histoire de dire
Et hop on repart tous les 3 de plus belle dans la longue descente qui nous amène au dernier contrôle, le même que pour celui du 300 de l’an dernier.
Au contrôle on retrouve les gars du groupe, et on repart tous ensemble. Je regarde le gps, et je me rend compte qu’on va arriver sous les 12h. En fait on roule à nouveau comme des allumés, et on va même arriver sous les 11h30.
Il y aura une petite perte de cohésion lors d’un arrêt remplissage de gourde, et on repart à 4 en pensant que les 2 autres sont devant, quand en fait ils sont en train de cravacher derrière pour nous rattraper. Il nous reprenne juste avant d’arriver sur la voie verte. Bien cramé les gars pour le coup.
On commence la voie verte assez cool, mais finalement les relais reprennent, et on se retrouve à plus de 30kmh rapidement. On va l’avaler à 32kmh de moyenne. David tapera des relais à près de 35kmh.
Mais plus la fin approche, plus ça devient difficile. A 8km de la fin, je suis au bout. C’est plus mental que physique, car quand il faut redonner un coup pour rattraper le groupe les jambes répondent. Je prend un gel et j’espère que ça va me refiler la gnak.
Ca marche pas mal, mais c’est à ce moment là que David commence à peiner. Je l’attend et le tire à nouveau vers le groupe, mais il lache prise à nouveau.
Heureusement voilà le pont d’Oxford. Je laisse filer le groupe pour finir avec David. On arrive 1min après les autres.
Tiens un cyclo à ma droite qui pratique les étirements dont j’avais fait la démonstration sur les photos d’arrivé de Jean-Philippe.
11h21 pour 302km au GPS. Hallucinant. J’espérai descendre sous les 13h, whahou.
Une fois les cartons signés on décide d’aller boire un coup, sur la terrasse on retrouve Bridou et son équipe, ils ont fini 45min avant nous. Enorme. Malheureusement le bar ferme à notre arrivé et nous n’auront pas notre petite binouze de récup. Alors on se sépare.
Avant de partir je m’arrête au Quick du centre, après quelques sms, Valex et Cricri qui sont arrivés 1h après me rejoignent, on débrief en dévorant nos burgers, frites et glaces. Rahhhh c’est bon.
Un beau tracé que se tour du Vercors. Je suis pas fan de la portion Crest Chabeuil, peut être à cause du coup de mou.
Aujourd’hui j’ai à peine mal aux jambes. Par contre les tendons des chevilles ne sont pas super heureux. Je pense que je ne vais pas faire le 200 de samedi prochain, la météo est mauvaise, et je pense que faire du D+ dans le froid et l’humidité risque de mettre à mal mes tendons. Weekend récup?
A bientôt pour de nouvelles aventures.