Cyclotour du leman 2012

La veille on a passé la journée aux Médiévales d'Andilly, j'aurais du brancher le GPS, car on a bien cavalé. L'activité idéal pour me démonter la cheville. Bah ça a pas loupé.
J'ai boité toute la soirée en préparant mon vélo et mes affaires. Heureusement ça me gène pas quand je roule, c'est tout de même bien fait un vélo.
Ce qu'il y a de bien c'est que je suis claqué, au lit à 9h, endormit direct, avec un réveil à 4h15, c'est parfait.
Petit dej sportif, fromage blanc, pleins de fruits secs, un thé bien fort.
Une fois tout ça engloutit, un petit caca pour pas être gêné pendant la course, et c'est parti.
5h en route pour Lausanne, le ciel est bleu parsemé de gros nuages, parfait, ça fera de l'ombre. Les averses sont prévus pour cet après midi, je devrais y échapper sur le vélo.
Arrivé 5h40, le parking est quasi vide. J'ai une place pas très loin du départ. Pratique.
Je remonte mon vélo et vais chercher mon dossard en moulinant gentiment pour me dégourdir les jambes.
Le maillot de cette année est sympa.

En revenant à la voiture, j'aperçois une tête connu, un gars de Crozet. Je savais qu'il faisait la course, on peut trier les inscrits par lieu, et on est inscrit à 3 courses identiques cette année.
Je me présente, on tape la discute, échange de coordonné, c'est un triathléte et on va se faire des entraînements ensemble.
Ah si ça avait été une nana et que j'étais célibataire, ça aurait pu être un fameux plan drague. Mais bon au final rien de tout ça. Allons rouler un peu.
Oups, j'ai faillit oublier d'installer mon dossard, hop 2 zips, et bien visible pour que le soft qui analyse les photos puissent me reconnaître.
C'est un peu paradoxale de faire ça, parcequ'on se paye des vélos léger, profilé etc ... et on placarde un gros carré de 15cm sur 10 complètement anti aérodynamique à l'avant.
Mais si on le fait pas, on retrouve aucune photo prise par les photographes de l'évènement.
Bon la prochaine fois je l'attache derrière ma selle, dans la longueur, fini le narcissisme, place à l’aérodynamisme absolu.
6h15 sur la ligne de départ, j'ai perdu le gars de Crozet, je suis tout seul, beaucoup de monde déjà sur la ligne

on part par vagues de 20.
Il y a un quadrocoptère qui nous film

un mec avec des lunettes genre VR qui fait les prises de vues, l'autre qui dirige le quad [PHOTO]

A côté de moi des anglais, y en a un avec les poches pleines à craquer d'amandes noisette et raison sec, c'est volumineux et ça va pas suffire, mais on peut facilement lui en piquer ;)
6h52: ça avance, je passe sous l'arche, roule sur le tapis rouge, c'est le départ, bip je démarre le chrono de ma montre.
Zut j'ai pas connecté le capteur de cadence à ma montre, c'était bien la peine de changer la pile y a 2 jours, impossible de le connecter en roulant. Tant pis c'est pas hyper important.
Je pars fort, devant tout mon groupe de 20, mon but c'est d'attirer des gros rouleurs, pour faire une équipe rapide. Ça mort, on est à 35 kmh, 6 mecs me prennent la roue.
Je fais la les 2/3 des relais, ils sont assez feignéants, mais on trace bien.
Y en a qui lache mais des nouveaux qui s'accrochent, on se retrouve à 5 et tout le monde bossent, certains plus que d'autres, mais on tiens le 39 kmh de moyenne.
Au bout d'1h à ce rythme, on a fait du 39.5kmh de moyenne. Plutôt cool. 1èr Snickers, hmmm un régal.
Le cardio après avoir bien déconné au départ à plus de 240, c'est stabilisé sur un truc plus raisonnable, mais à 176, je me rend bien compte que je vais pas tenir ce rythme pendant encore 3-4h.
A ce moment un des gars me dit, c'est cool tu roules fort, on avance bien.
Okayyyyyy, en fait je prend cher mon gars. Je lui dis pas, je prend mon relais et je pousse.
Au bout d'1h15 on se fait avaler par un groupe, mené par des maillots vert quasi fluo. Ca change des maillots roses de l'an dernier. Les mecs bossent fort, bon relais, gros peloton, ça roule à plus de 40 de moyenne.
Excellent, dans un gros peloton comme ça, on peut enfin se reposer. On va plus vite et on bosse moins. Le cardio redescend dans les 150, là je peux tenir longtemps.
J'essaye de prendre un relais, mais non j'ai pas le niveau. Il faut savoir rester humble.
Je me range au milieu du peloton, et je m'accroche pour y rester.
On passe en trombe devant le premier ravito. Pas d'arrêt. Pas de soucis, j'ai pas fini la 1ère de mes 2 gourdes.
Et on roule dur.
2e snickers, il était tant, il commence à ramollir avec la chaleur. Bien géré Tom, après c'est de la powerbar qui craint pas trop.
En fait on roule très dur pour moi, le cardio remonte dans les 160, puis à nouveau 170, aie.
Pas beaucoup d'échanges, ça roule vite, concentré. Ok de toutes façons, je suis pas loin d'être à fond, peux pu parler.
Je me retrouve à l'arrière du peloton. On est toujours à 40 de moyenne.
Je suis sur que c'est la faute de mon dossard qui prend trop le vent si je tiens pas le rythme ;)
Au moment ou je commence à me faire larguer, une main me pousse. C'est un couple en tandem qui nous rattrape, oui oui il nous rattrape.
Le petit coup de pouce me remet dans le peloton. Je les remercie, sympa le couple.
On arrive au 2e ravito. Zoufff dans le vent le ravito. Dommage, j'ai bien attaqué ma 2e gourde, on vient de passer les 100km, pas de ravito avant Nyon maintenant, une bonne 50aine de km plus loin.
Grosse erreur de ma part.
J'aurais du lacher le groupe, me ravitailler et repartir plus cool en attendant qu'un autre groupe rapide me rattrape.
Bon je vais pas faire demi tour, alors je m'accroche, toujours en queue de peloton.
J'économise mon eau.
Mais ça roule vraiment trop fort pour moi. Je me fais larguer.
Fini l'espoir de boucler le tour en 4h pétante à 40 de moyenne.
Mais en fait ils ralentissent, allez je peux raccrocher, y a un autre attardé, on se relaye, on pousse fort, on rattrape, cool.
Ah merde ils étaient en train de bouffer, ils repartent comme des bombes. Je me refait lâcher aussi sec.
Je viens de gaspiller un paquet d'énergie pour rien, encore une erreur.
J'arrive près de Genève, je suis tout seul, ça fait 3h que je roule. C'est l'heure de manger, allez powerbar et ça repart ?
L'an dernier j'étais encore en grosse forme ici, mais j'y étais 23 min plus tard.
3h qu'on roule, 114km, encore un peu plus de 60, je suis à 30kmh de moyenne tout seul. Si je retrouve pas de groupe, ça va être dur de finir sous les 5h.
Je me retourne, personne derrière, même loin, bon bah je me met dans la position la plus aerodynmique possible, et je roule.
Je passe genève, aie, plus d'eau. Et Nyon c'est encore loin.
Tiens mais on passe un ravito? non non on me dit, c'est le départ Genève. Mais je vois des bouteilles d'eau. Hop je freine, demi tour, je m'arrête.
Tiens c'est quoi cette bande rouge par terre, BIIIP aie c'est le tapis de départ de Genève, et il vient de chopper ma puce électronique.
Ça va faire déconner le chrono automatique ça.
Je m'arrête au stand de départ, "S'il vous plait vous avez de l'eau?"
On me répond que le prochain ravito est à Nyon, ok, merci je sais, mais c'est MAINTENANT que j'ai soif. Un mec part tranquillement me chercher des bouteilles.
VIIIIITE je lui gueule, il court :)
Merci mon brave, je remplit mes gourdes, me lave les mains pleines du sucre de la bouffe, et je repars.
BIIIIP oups à nouveau le tapis rouge ...
Et la en sortant, on m'interpelle: "Tiens encore toi!"
Sympa, un gars que j'avais doublé dans le col de la faucille il y a quelques semaines pendant une sortie d'entrainement, et qui avait pris ma roue jusqu'en haut. (Enfin je l'ai quand même largué dans le dernier km, faut pas déconner ;)
Il est dans un petit peloton, mais ça roule à 35kmh, cool je me repose, et je reprend du temps.
On tape la discutte, il est parti 5 min avant moi de Lausanne, je l'ai doublé quand je suivais le groupe des verts. Il me dit qu'il est sur un rythme pour 4h45.
Excellent, si je reste avec lui je fini en 4h40, ça serait cool.
Tiens il est l'heure de manger, et ça tombe bien maintenant j'ai de l'eau pour faire passer tout ça.
Et là un peloton nous double. Je me sens bien, je leur prend la roue. 38 kmh, très bon ça.
Un peu de mal à suivre dans les bosses, je paye le prix de mes erreurs, mais je rattrape facilement sur le plat.
Et je prend même quelques relais.
Y a un gars qui prend des gros gros relais, il nous tire à 40kmh, impressionnant.
Quand il se repose je me met à côté de lui, le félicite et le remercie. Il me dit qu'il est parti 50km plus tard, donc il est encore frais, mais que ça commence à tirer.
Je veux bien te croire mon gars.
Moi j'ai bien mal, surtout à la jambe droite. Depuis mon bobo au mollet elle se fatigue beaucoup plus que la gauche.
Je suis obligé de me concentrer pour pousser plus sur la gauche. Tout de suite ça me fait accélérer. Mais rapidement j'oublis.
C'est un jeu de mental. Pousser à gauche, tirer à gauche, pousser à gauche, tirer à gauche, pousser à gauche, tirer à gauche, rince and repeat :) (avec la voix d'eli seimoun)
Avec tout ça on s'approche de Morges, on est plus très loin de l'arrivé. Mais les bosses deviennent de plus en plus pénible à passer.
Elles sont pourtant pas bien grosse. Mais je suis vidé.
Et j'ai faim. Bizarre, j'ai mangé une barre y a 20 min. Bon il reste quand même bien 20min à rouler. Alors j'en ouvre une autre, bien fait de prévoir du rabe.
Je mange la moitié, puis stock le reste. Mais j'ai vraiment faim, alors j'enfourne tout.
Dernière grosse bosse. Je suis à l'avant du groupe. Un à un, tout le monde me double.
Arghhh c'est dur.
Un couple de Vezoul me passe. Là je dis NON, pas Vezoul, surtout que depuis que je suis dans ce peloton, ils ont pas pris un relais.
Alors je redonne, et je pousse, fort à gauche, un peu moins à droite. Je sens mon mollet droit, pas une douleur, juste une information.
Un petit rappel que je dois y faire gaffe.
Le mec de Vezoul s'accroche, il me reprend.
On joue au chat et à la souris un bout de temps. Mais quand on passe l'EPFL, j'arrive pas à le reprendre. Il reste 1km avant l'arrivé.
Je le rattraperais pas.
Bouhouhouhou. Je me console en me disant qu'il est sûrement parti avant moi, et que moi j'ai pris un paquet de relais.
(Je viens de vérifier sur le site, ils ont fait que 110, ils sont parti d'evian, pffff et seulement 34.5kmh de moyenne mouhahaha)
Bip, on passe sous l'arche, le tapis rouge, le vrai. Bip 4h39, merci Vezoul, sans toi j'aurais pas poussé si fort à la fin, et j'aurais été dans les 4h40 :)
135e / 1305
l'équipe que j'ai tenté de suivre fini 18 min avant moi en 4h21 et le 1er fini en 4h01
les 1ers c'étaient tout une équipe en combi intégrale Time Trial, ça m'a bien fait marrer au départ, mais ils ont quand même bien envoyé les gars, ils mettent 15 min aux suivants.
A l'arrivée, un chronométreur me demande de passer au camion datasport. Y a une anomalie sur mon temps. Ah bon ?
Je file mon dossard avec la puce, le mec me dit c'est bizarre, on a 2 départs pour toi.
Je lui raconte mon passage à Genève, hop il corrige et zou c'est réglé. je peux me ruer vers la pasta party.
Je passe devant la tente des masseurs, ça me dit rien. Je sais que ça me ferait du bien, mais je suis tout transpirant, pas envie.
Dans la queue je croise Vincent, un ancien collègue, comme l'an dernier il a fait le 110km. Il a l'air bien fatigué, normal, il a pas trouvé de peloton et fait les 110k tout seuls.
Forcément, moins bon temps que l'an dernier.
Je lui annonce mon temps tout fier :) et GO pasta PARTY.
Pesto s'il vous plait, oui encore une cuillère, et oui une autre, MIAM.
Je passe à la buvette, Une bière s'il vous plait, hou elle a l'air bien fraîche.

Je me trouve une jolie petite table à l'ombre et me prépare à dévorer tout ça. Mais en fait je suis un peu ballonné. Je suis encore en train de digérer la dernière barre.
Tant pis je mange quand même.
––"Hey Thomas", tiens Laurent, un ancien client. Cool je vais pas manger tout seul.
Il a fait le 60km (p'tit joueur) et il va faire quelques triathlons cet été, on va sûrement se recroiser. Et ptet même retravailler ensemble prochainement.
Une demi assiette de pâte plus tard, il est temps de rentrer. Je suis cramé, j'ai bien donné, et y a du monde qui m'attend à la maison.
Prochaine course l'étape du tour, 150km et 5000m de dénivelé positif, faudra rouler moins fort :)