Gruyère Cycling Tour 2011
Ce weekend on est allé en suisse, à bulle dans la gruyère.
Toute la famille, avec 2 vélos sur le porte bagage. Oui 2, ce weekend Paul faisait sa 1ere course de vélo. Et moi ma 2e.
On est arrivé en début d'après midi, pendant que les filles finissaient leurs sieste dans la voiture, Paul et moi on est allé s'inscrire.
Je récupère mon maillot, et je l'enfile à Paul qui avait un peu froid.
Forcément il en voulait un pour lui, pas de chance ils avaient pas de taille enfant, et plus de petite taille adulte.
On l'inscrit à la course enfant, et il a le droit à un sac de goodies, Sac de selle pour vélo, bracelet en éponge, coloriage et boite de pansement.
Devinez ce qu'il préfère ... la boite de pansement.
Il nous reste 3h avant sa course, on va donc prendre possession de nos chambre à l'hotel. Beaucoup de vélo sur le parking, des superbes montures avec roues en carbone et tout.
Y à même des équipes pro qui viennent chercher la qualification pour les championnats du monde.
On fait ensuite un tour pour se dégourdir les jambes, et Paul arrive à se prendre 2 maxi échardes dans la main. Il a bien pleuré quand on les lui a enlevées.
Pas en super condition pour aller faire une compète, mais ça passe vite.
On retrouve saska de passage dans la région, qui sera le photographe officiel de Paul.
Arrive 18h, Paul s'avance sur la ligne de départ. Il a pas l'air trop mal placé.
Coup de départ, pas terrible pour Paul qui rate sa pédale, doit la replacer pour enfin s'élancer.
1ère descente, il freine beaucoup, pas mal de monde lui passe devant. Par contre dans la grande ligne droite en montée, il repasse pleins de monde.
2è tour, ça va mieux dans la descente, par contre ça à l'air plus dur dans la montée, on voit bien qu'il donne.
3e tour, il donne tout, rattrape un groupe dans la descente, mais tout le monde se donne à fond dans la montée.
Il est à fond, il pousse fort, et fini 11e sur 38, pas mal, il doit y avoir 2 de son âge devant lui, les autres sont beaucoup plus grand.
A peine déçu de ne pas avoir de coupe, il est ravi d'avoir pu se donner à fond.
Bien épuisé après la course, c'est beau à voir. Il aime l'effort ce petit.
Allez hop on file à l'hotel, resto, dommage pas de tartiflette pour Paul en suisse, mais la croute au fromage ça passe bien aussi.
Pour moi c'est pasta.
Ensuite ododo, 2 chambres, une pour les sportifs et une pour les nanas.
Sev a un peu de mal avec les filles, mais en 20 min tout le monde est calme.
On peut pas en dire autant du reste de l'hotel. Grosse fiesta je sais pas trop où jusqu'à 5h du mat.
Heureusement ca m'a pas trop gêné.
Réveil 6h30, je descend prendre mon petit dej. Pour l'occasion je me suis préparé un gateau spécial, un truc bourré d'énergie.
1200 calories dans le ptit dej, avec ça je vais pouvoir pousser fort sur les pédales.
7h30 tous le monde se réveil, re petit dej mais pour les enfants et sev.
On rencontre un couple, avec enfant aussi, d'un village voisin de Crozet, le mari roule, la femme cours, et ils ont 3 enfants, tiens tiens.
Des parisiens qui viennent de débarquer dans la région. On s'échange les numéros, faudra essayer de se revoir.
8h j'abandonne ma famille et je me rend sur la ligne de départ.
Le temps de tout préparer j'y suis 20 min en avance. Malheureusement le monde s'accumule et les copains avec qui je devais faire le tour se retrouve loin derrière. C'est pas un gros soucis, on avait pas le même but sur la course, pour moi pas de peloton, effort constant et au max.
Eux c'est plus à la cool.
Ce que je veux dans cette course c'est géré mon alimentation et connaître mes limites. Pas de soucis je vais bientôt les rencontrés.
9h coup de départ. On part sous les chants horribles de jesaispasqui. Vite sauvons nous avant que ça voix n'apporte des nuages sur cette belle journée ensoleillé.
J'ai oublié de vous dire, la gruyère c'est magnifique, des montagnes majestueuses, toute verte, des vaches partout, j'adore.
La course commence doucement, 1800 personnes dans un peloton ca prend de la place. Il faut faire bien attention ou l'on met ses roues.
L'espace se cré, ça commence à rouler fort. On est rapidement à 40kmh.
Pour moi pas moyen de m'écarter, je roule avec le peloton, j'aurais bien le temps de faire mon effort solitaire plus tard.
Ca ne tarde pas, on est rapidement dans le pré-col, du 3%.
Tiens d'habitude c'est à ce moment là que je commence à prendre des places. Bah pas aujourd'hui, on est pas dans un triathlon, les gars ne roulent pas à l'économie, et ca me double de tous les côtés.
Bon ok, moi aussi je sais poussé sur les pédales, et c'est parti.
1h de course: J'attaque ma 1ère barre de céréale super calorique, nouvelle marque, pour tester. Bon ça fait plus patte d'amande que barre de céréale, c'est un peu sec, mais ça passe pas trop mal.
Ensuite on attaque le col, 5.5% pendant 11km. Facile? Oui si c'était constant, mais on se retrouve rapidement dans du 10-11%, et mon vélo manque cruellement de rapport pour pouvoir mouliner ce genre de côte.
Heureusement j'ai les pédales à clips. Je me cale au fond de ma selle, et je pédale rond: je tire autant que je pousse. C'est super efficace, et là ou je me traînais à 7kmh avant, maintenant je me traîne à 11kmh.
Moi qui cherche à tourner autour de 85-90rpm (coup de pédale par minute) je descend en dessous de 60 quand ça dépasse le 8% et jusqu'à 50 dans les plus grosses pentes. C'est dur, les cuisses chauffes.
1h30 de course: On arrive en haut, 1er ravitaillement. Je remplit rapidement ma gourde et je repars. Il faut que je pense à manger, mais la descente est "engagé" on va attendre le plat.
Au bout de 2 km, un gros crash, un gars s'est pris le bord de la route, je suis à 60kmh, eux aussi devait y être, 3 cyclistes ont volé, y a un vélo 4m au dessus de nous sur le versant de la montagne. Je vois une cuisse bien rouge, ça doit piquer ...
Ca ne me fait pas ralentir. Par contre un petit pont après une épingle ou je frole la barrière à plus de 50 me fait réfléchir: Tom tu fais un semi ironman dans 1 mois, ca va etre moins facile avec un bras dans le platre ou une jambe arrachée.
Je décide de freiner fort avant les virages sans visu.
Je descend quand même bien vite, je ne me ferais doubler que 2 fois et y en a un que je reprend peu de temps après.
Après la descente on se retrouve sur le plat, enfin tout est relatif, ça ne grimpe que de 1 à 2%.
Pour parfaire mon entrainement de triathlete, je m'interdit de rouler en peloton. Sur les courses de tri on a pas le droit de prendre l'aspiration. Donc quand je rattrape un peloton, j'appuye fort pour essayer de le larguer.
Le problème c'est que bien souvent les gars de têtes qui se relayent se disent: Chouette un gars qui pousse, on va le suivre. Et je me retrouve à tirer un peloton, et donc impossible de les larguer. En général au bout de 5min j'explose, et le peloton me double. Bon je me retrouve tout seul à nouveau, mais j'ai cramé beaucoup d'énergie.
Ce genre de scénario se reproduit 3-4 fois sur ce "plat".
58km, 2h de course: Un panneau indique le prochain col, 7km et 5.5% de moyenne. Sur le plat j'ai pas mal aux jambes, mais en attaquant les pentes, je sens que j'ai déjà pas mal travaillé. Je décide d'y aller mollo sur celui là, on est pas encore à la moitié de la course. Je me rend compte rapidement que je ne vais pas avoir le choix. A nouveau ma cadence chute sous les 60rpm. Je m'accroche.
2km avant le col on passe à 8.5%, mes cuisses me font super mal. Une boule de feu se forme en plein milieu de mes quadriceps. Ouahhhh ça pique. Je vois le col, c'est superbe, les montagnes sont enneigés, on voit un glacier. Je prendrais bien une photo mais si je lache une main du guidon je tombe, et je ne repartirais surement pas.
Je me concentre sur le paysage. En fait la douleur est pas si génante que ça, j'ai juste peur qu'au bout d'un moment je n'arrive plus à appuyer sur les pédales et que ma course s'arrête là.
Beaucoup de monde me double, on sent qu'il y a des habitués de la montagne sur cette course.
1km du col, la pente ne faiblit pas. Je me suis habitué à la douleur. Elle est contstante. J'ai confiance je vais arrivé en haut. Je pense au ravitaillement, il me faut de l'énergie, beaucoup d'énergie pour les 60km qui reste, et surtout le dernier col.
J'imagine que je vais me reposer dans la descente, laisser le temps à mes jambes de récupérer de l'énergie dans tous ce que je vais dévorer au ravito.
Enfin le col.
2e ravitaillement: Je ne descend pas de mon vélo, je m'arrete contre la baraque, je pose mes 2 gourdes, une gentille volontaire se propose de me les remplir. Oh merci, comme ça je me concentre sur LA BOUFFE.
En fait je commence par me descendre une canette de pepsi cul sec. Ensuite 2 quartiers d'orange, une patte de fruit bien sucré, 2 autres quartiers d'orange, une demi banane. Les gourdes sont pleines, je remercie la demoiselle, je reclips et je repars.
Mais avant d'attaquer la descente, il serait bon de faire une pause pipi. Je m'arrête sur le côté de la route, je descend pas du vélo, je dégaine directe et me soulage. Là 2 randonneuses débarques. "Oups pardon monsieur", vous inquiétez pas mesdemoiselles, je vais pas rester longtemps.
Juste avant de reparit je réalise que mes mains sont pleines de sucres, un coup de bidon et je repars. Les randonneuses qui ne m'ont pas quitté des yeux s'esclament: "quel hygiene, meme sur le vélo il se lave les mains après avoir uriner". hahaha mais oui bien sur :)
Et hop c'est reparti pour une belle descente. Mais rien à voir avec la 1ère, ici la route est large, la pente moins violente, on peut donc aller à fond, pousser sur les pédales, relancer au maximum.
Tant pis pour le repos, c'est trop bon.
Le vélo monte à près de 70kmh, je grille un paquet de monde dans cette descente. Quel plaisir.
Je double un gros peloton. Mais la descente faiblit. On commence à bien sentir le vent.
Arrive un viaduc, gros gros vent. Je passe rapidement de 50kmh à 25. Je pousse fort sur les pédales pour passer le viaduc.
Le peloton et collé à ma roue. Personne ne me double, il reste tous derrière.
Juste après ça remonte. Boom tout le monde me dépasse, j'ai plus rien dans les jambes.
Aie le panneau du 3e col, 6km 6%, ouch, ça va faire mal.
On commence à 6.7%, parfait, cadence à 80rpm, je vais pas trop vite, mais aucune douleur. Par contre je suis déjà sur ma vitesse la plus facile.
7.5% ça commence à picoté. Je suis à 11kmh, Je calcule rapidement que ça va me prendre 30min pour arriver en haut.
8.5% arghhh ça pique, 10kmh, on est à 3km du col, ça va être tendu. Mais comme le col est à 6% de moyenne et qu'on est au dessus depuis le début, je sais que la fin sera plus facile.
2km du col, on repasse à 6%, puis 5%, 4% ouf je retrouve ma cadence, la douleur disparait, 18kmh j'ai même le temps de prendre une photo
Ayé en haut du dernier col. Il reste 40km jusqu'à l'arrivé, pratiquement que de la descente, juste un faux plat pour la fin.
Et ça fonce, à nouveau route large, pas grand monde autour de moi, tiens pour la 1ère fois je vois 70kmh s'afficher sur mon compteur.
En haut du col j'étais à 24kmh de moyenne, mon objectif c'était 28, allez il faut pousser, pas le courage de faire les maths pour connaitre ma vitesse de rattrapage, je pousse juste du plus fort que je peux.
Comme je suis tout seul, une moto de la sécurité du tour m'accompagne, il me demande si je veux prendre sa roue. Je lui dit que non, je veux faire le travail tout seul, il se met donc 4-5m devant moi et signale ma présence aux voitures. Superbe organisation.
Fin de la descente, des travaux, un feu rouge, beaucoup de cycliste arrêté.
Un peloton se forme au feu vert. Ils partent vite. Je me met en arrière pour pas prendre l'aspi. Le peloton s'envole. Je me maintiens à distance un temps, mais ils finissent par me larguer. Dur dur la vie de triathlete.
La moto se remet devant moi. Il m'accompagnera jusqu'à 5km de la fin.
Ca ressemble à du plat, légèrement en descente, mais il y a beaucoup de vent. Mais j'ai une bonne cadence, je roule à 37kmh ça va bien. Je vais finir fort.
Mais oui bien sur. 4km avant la fin, le faux plat s'inverse. Maintenant ça monte. 1% puis 2%, oh lala j'ai plus rien dans les pattes. Je comprend pas comment 5min avant je poussais le vélo à prêt de 40kmh et là dans à peine 2% je m'effondre à 20kmh.
Aie 2.5% je suis vide, c'est l'agonie. Il reste 2km, comme c'est dur. Dans ma tête je me dis pousse, pousse, pousse.
le panneau 1km, je ne vois pas encore la ligne. J'essaye d'accélérer, mais que dalle. 500m quoi ? j'ai fait que 500m arghhh. Ah enfin je vois la ligne je pense à ma famille, je vais enfin les revoir, arrivé sous leur hourrah.
La ligne, je suis le seul cycliste a arriver, beaucoup de monde sur les côtés, mais personne ne m'encourage, je ne vois pas les miens.
Je passe la ligne, j'arrête mon chrono, 4h37, 27.1kmh de moyenne, c'est pas 28, mais c'est pas mal.
J'appelle, et en fait ils sont sur la ligne mais ils ne m'ont pas vu arriver. Je vois Paul, il me demande si j'ai tout donné, oui mon fils, c'est bon, j'ai tout donné.
Vite, une bière, un coca, une glace à l'italienne. HMMMM c'est bon ça.
Quelle belle course.
Je fini 87e sur 144 dans la catégorie 35-39 ans
396/982 sur la boucle 125km
Ca change de la partie cyclo du triathlon, les gars ne roulent pas à l'économie, ça envois fort, dès le début, et ça grimpe encore plus fort.
Sur les triathlons, je suis souvent en train de doubler dans les côtes et me faire rattraper sur le plat, là c'était plutôt le contraire.
J'ai été surpris par mon manque d'énergie dans les côtes alors que je roulais encore très fort sur le plat.
Beaucoup de plaisir sur cette course au paysage magnigique, vivement la prochaine.