Marathon de Genève 2016

Marathon de Genève 2016

Après l’expérience du marathon de Rome 2015, j’avais bien envie de me mesurer à nouveau à la distance “mythique” de la course à pied sur route.

Séverine ne voulant pas retenter l’expérience, je me suis rabattu sur un marathon proche. Un marathon au printemps me permettait d’amorcer ma saison par une belle prépa en course à pied, donc je me suis inscrit dès l’ouverture au marathon de Genève.

 

Qui dit marathon de printemps, dit entrainement d’hiver.  C’est donc dès le 15 février que j’ai amorcé un plan d’entrainement sur 12 semaines. 3 sorties par semaine, 1 fractionné, 1 footing et 1 sortie longue. Ajouté à cela du velotaff et une fin de saison de ski de fond en skating, et vous obtenez un mec bien en forme et sans bobo.

 

Au final ces 12 semaines de prépa ça donne en course à pied uniquement:

 

Comparé à l’année précédente:

 

110kil de plus, une moyenne au cardio plus basse, et une vitesse moyenne similaire alors que l’entrainement à était complètement différent.

Trainant une petite tendinite de la saintelyon, l’an dernier la préparation n’a comporté aucun fractionné. Cette année j’étais en pleine forme, et pour la 2e fois j’ai pu faire une préparation complète avec de belles séances fractionnées, sur piste et route.

Je dois dire que j’aprécie beaucoup les séances sur piste, ce n’était pas le cas avant, par contre j’ai de plus en plus de mal avec les sorties longues sur route.

Au cours des entrainements fractionnés, j’ai battu 2 fois mon record du 10km sur la séance. Y a moyen de PR cette automne à la foulée de Crozet :)

 

Comme toujours le weekend et la semaine qui précède une grosse course est très difficile mentalement. Il faut “faire du jus” et donc moins de sport. Ca me stress, et je fini par me trouver des douleurs un peu partout, normal. Y en a une au genou gauche qui me turlupine un peu. Un point de douleurs sous la rotule, typique de la tendinite rotulienne. Mais à 3j de la course, je ne peux rien y faire. Ca doit être les nerfs, j’essaye de faire abstraction (mais je n’y arrive pas).

 

Le vendredi midi avec les collègues on passe au village de course récupérer les dossards. C’est bon de baigner dans l’ambiance course. Ca fait monter la pression, j’adore.

 

Ayé c’est le weekend. Le samedi ce passe gentiment avec les enfants, et je réussi à ne pas trop rester debout. Pour une fois je n’entame pas ma cheville avant même le départ de la course.

Le samedi soir les affaires sont prêtes et je prépare un nouveau gatosport, de chez endur’activ (anciennement diet sport energy) c’est bio, c’est cher, mais est ce que c’est bon?

 

 

Pour la course je prévois 2 gels, une barre d’amande, et une petite bouteille d’eau planquée dans la flipbelt.

 

Dimanche matin, je me réveille à 5h30, 1h avant le réveil. La nuit a été bonne, 7h30 de sommeil, tout va bien.

Thé et gateau, pas mauvais mais pas vraiment différent de l’overstim au final. J’attend ensuite avec impatience l’heure du départ.

Pour une fois je prend la voiture puis les transports en commun, j’ai des doutes sur ma capacité à rentrer à la maison en vélo après le marathon :)

 

A l’arret de Tram, je retrouve mon équipier Massimo. On va participer au swimrun engadin ensemble. Il débute sur la distance et a un plan de course moins ambitieux que le mien, meme si il court déjà plus vite que moi après 1 an de pratique.

 

 

On sort du tram à la ligne de départ, et la ouch, il fait déjà chaud. On fait la queue pour la dernière vidange, puis on met nos sacs au camion, petit selfie d’avant course:

 

 

On se rend ensuite sur la ligne de départ dans nos sas respectif, lui 3h45 et moi un ambitieux 3h30

 

 

Je repère la porteuse de drapeau, et m’aligne pas loin derrière. Après quelques échauffements en musique, c’est le départ.

Mon plan de course, 5min/kil pendant le 1er semi, et ensuite j’essaye d’accélérer. Donc en théorie je suis la meneuse d’allure, puis j’essaye de la dépasser.

Ce plan à 2 défauts, 1 il fait confiance à la meneuse d’allure, 2 il ne prend pas du tout en compte la température extérieur, de 20° plus chaude que ma dernière sortie longue une semaine auparavant.

 

Le départ est donné, on s’élance dans la campagne Genevoise. Pour les 10 premiers kils, y a rien à gérer, suivre la meneuse d’allure et s’économiser.

Oui mais, au bout de 3km j’ai déjà 40s d’avance sur le plan, en gros je cours à 4’45 au lieu de 5’ au kil. Elle est parti vite la meneuse d’allure.

Au 5e kil, c’est près de 40s d’avance. Et le cardio est déjà à 163bpm alors qu’il devait être à 150 sur les 12 premiers kil. 163 c’est la fréquence sur les allures course en fin de sortie longue. Bref c’est bien trop haut, et c’est du à 2 choses, la vitesse trop grande, et la chaleur.

Je décide de ralentir et laisse filer le drapeau.

 

Je passe les 10km en 49’32 j’ai donc suivi le plan sur les 5 kils suivants, mais le mal est fait, le cardio commence à atteindre les 170, et il va falloir maintenant affronter la montée du 12e au 18e kils.

Je décide de ne plus m’accrocher au plan, et de pas trop me mettre dans le rouge, je m’accorde 5’10 – 5’15 jusqu’au 18e

 

 

Ca grimpe, et pas que la route, le cardio tourne autour des 180 jusqu’au 18e. Je retiens un pipi depuis quelques kils, et je décide de faire la pause une fois en haut. Ça permettra au cardio de redescendre, et de repartir plus cool dans la descente.

Arrêt éclair de 20s puis je repars. Je me remet à l’allure cible, mais le cardio ne descend pas sous les 175.

Je passe le semi marathon en 1h46:48 j’ai pris 2min dans la vue lors de la montée, mais le gros soucis, c’est que j’ai la meme moyenne cardio sur ce semi en 1h46 qu’il y a un mois sur un semi en 1h36. Ca craint.

 

Sur un marathon c’est prévu d’avoir une dérive de la fréquence cardiaque. On maintient l’allure mais l’effort et de plus en plus grand, et donc on utilise ça réserve d’effort cardiovasculaire pour aller au bout.

Mais là j’ai pas une grosse réserve, si je continue à dériver, dans 10kil je suis au max, et après y a plus rien. Je décide de maintenir l’effort au cardio, et de laisser la vitesse dériver. On verra bien ou ça me mène.

 

Je vérifie donc maintenant ma fréquence cardiaque et plus mon allure et tente de rester autour de 175bpm.

 

Ca se passe plutot bien, et mon allure tourne maintenant autour de 5’20, ce qui permet toujours d’envisager un marathon sous les 1h40. Je croise un pote triathlète, Romain qui me prend en photo, il me dit que j’ai l’air bien, mais je sais que je suis déjà entamé.

 

26e km ça commence à être dur, il fait chaud, très chaud. Mais où est ce prochain ravito? Je viens de finir ma mini gourde, j’aimerai m’arroser la tête.

27e, 28e, toujours pas de ravito, on est en plein milieu des champs, ça chauffe, et ça commence à marcher tout autour de moi.

Je rattrape le couple aveugle-accompagnateur que j’avais suivi sur les 20 premiers kils. Je les avais laissé partir au semi en ralentissant alors qu’il gardait l’allure, mais l’aveugle commence à accuser le coup. Je l’encourage en passant, mais en voyant son visage, je réalise que ça va être dur.

 

Ca y est, dans ma tête c’est l’heure du combat, allez marche, ralenti, abandonne, NON. Je ne lâche rien, je sens bien que mes objectifs a,b,c et même d sont en train de m’échapper, mais je ne lâcherai pas. Je vais maintenir ce putain de niveau d’effort, et jusqu’au bout.

 

Ah enfin le ravito, pile poil au 30e. Pour la 2e fois après la pause pipi, je décide de m’arrêter, il faut vraiment que je fasse le plein. J’ai la dalle, j’ai soif, et j’ai chaud.

Je m’arrête 1 min, bois 2 verres d’eau, m’arrose copieusement, mange 3 quartiers d’orange et 1 demi banane, encore 1 verre d’eau, et c’est reparti.

 

 

Cool je me sens mieux. Je repars même avec un rythme un poil plus rapide qu’avant. Et en plus y a LA descente du parcours qui arrive, et par le tunnel en plus, il y fait frais, c’est le bonheur. L’impression que c’est facile de courir, 32km, tout va bien, mais bon au bout d’un moment on sort du tunnel, la route s’applati, et voilà les quais le long du léman.

Une ligne droite de 4km qui fait mal, au mental, aux jambes. Je vois que mon allure va m’amener à un marathon autour de 3h45, voir un peu plus. Ca veut dire que si Massimo a tenu le rythme, il va bientôt me rattraper. Je me retourne et vois le drapeau violet du meneur d’allure 3h45 qui se rapproche, et 1km plus tard je vois mon Massimo, concentré sur les 2m de bitumes devant lui qui pioche. Il est 150m devant le drapeau, il va y arriver, c’est bon ça.

 

Je l’encourage, il est surpris de me voir là. Me propose de finir avec lui, mais là j’en ai aucune envie. Me mettre dans le rouge pour 5kils et finir complètement dévasté pour finalement battre mon PR d’1min, non merci. J’étais venu pour 3’38 minimum, maintenant je profite.

 

Je le laisse donc filer, et profite de ces derniers kilomètres pour taper dans les mains des enfants, encourager les autres coureurs, et chauffer le public.

 

Je croise Mickael, mon collegue qui malheureusement n’a pas pu courir aujourd’hui car il s’est blessé pendant la prépa.

 

Finalement j’arrive en centre ville, sur une terrasse je croise Tolgat (Batman de l’evergreen) qui a fait le semi, il me tend sa bière, je me pause 30s pour prendre 3 bonnes gorgées, miam que c’est bon. Je repars et croise Massimo qui est à 1km de l’arrivé, il en chie, le drapeau des 3h45 c’est rapproché de lui, il va falloir pioché pour finir devant :)

 

Ah que c’est bon de finir un marathon. J’ai les jambes qui piquent, mais je suis heureux, j’ai rien lâché malgré les conditions, bon j’aurai pas atteint mes objectifs, mais je suis quand même aller au bout, et finir un marathon, c’est je pense toujours une réussite.

 

 

Je passe la ligne, retrouve Massimo et on commence le debrief. On apprend que Nico qui était sur le semi à fini à l’infirmerie avec une hyperthermie, heureusement sans gravité, et surtout après avoir passé la ligne et fait exploser son PR sur la distance.

Ah au fait moi j’ai fini en 3h47’08, 1’30 de plus que l’an dernier, mais pas mécontent vu les conditions.

 On va ensuite passer l’après midi à attendre que Nico sorte de l’infirmerie en mangeant moultes burgers et buvant moultes bières assis dans un parc au soleil. C’est bon ça.

 

 

 

 

Le gros gros point positif de l’histoire, c’est que je n’ai pas eu la cheville scié en 2 comme d’habitude, et ça c’est très très bien!