Otillo swimrun Engadin 2016
Il y a 2 ou 3 ans, je lisais sur slowtwitch, un site de triathlon americain, un reportage sur une course folle, l’Otillo en suede, 72km dont 12km de natation en plusieurs tronçon. Le gros challenge de cette course, en plus des distances, c’est qu’il faut porter son matériel tout au long de la course. Donc courir avec la combi, bonnet, lunette, et nager avec les basquettes, gourdes, nourriture.
Forcément j’ai tout de suite eu envie de m’y frotter, mais il y a 2 obstacles. Le premier c’est que cette course est en suède, le second c’est qu’elle se fait en équipe. Il faut donc trouver un partenaire avec un niveau identique en course à pied et natation, ou suffisamment patient pour attendre, ou être attendu.
L’année dernière, je me rend compte qu’une course sur le même format, est organisée en suisse, avec un parcours beaucoup plus montagneux qu’en suède, et nage dans les lacs de montagne. Le rêve.
Un obstacle de lever, il me faut maintenant me trouver un partenaire. J’avais évoqué le projet avec Stéphane, puis Philippe, mais ils n’ont jamais accroché. Et puis au boulot j’ai un collègue qui s’est mis au sport d’endurance, il nage depuis toujours, avec un niveau correct, et à commencer à courir l’an dernier. Pendant 6 mois je l’ai travaillé au corps pour le convaincre de s’inscrire. N’ayant jusque là couru qu’un semi marathon en un peu moins de 2h, c’était pas gagné. Mais à force de l’ambiancer sur différentes courses, cross, trail et en augmentant gentiment les distances, il a fini par se laisser convaincre.
Il ne restait plus qu’à en faire une machine de guerre, et sur ce coup là, je suis assez fier du résultat.
Je vous présente Massimo, mon équipier:
Age: 30 ans
Sport: Voile et un peu de natation
Taille: 1m85
Poids: 72kg
Sexe: Enorme
Ce gars là il y a 14 mois courait son premier semi à Annecy un peu en dessous des 6’ au kils.
Depuis il a couru la nocturne des Teppes en relais, le cross de Versonnex (ou il m’a battu pour la 1ère fois), l’oxyrace (encore une fois il fini devant moi après m’avoir coller au cul toute la course), le semi marathon d’Annecy (sous les 1h40, en z2), le marathon de Geneve (sous les 3h45, donc mieux que mon PR), en duo avec moi à la transjutrail 36km ou on a pilé quasi tous les copains et pour finir le triathlon d’Annecy ou il me met 2min sans s’être jamais entrainé à vélo !
Bref en course à pied, il a bien progressé. Mais pas que, le bourricot, en natation il a tout explosé, à Annecy il sort 51e de l’eau sur 900 participants. La grosse blague à la fin de nos entrainements c’est que j’allais emmener une paire de ski nautique à engadin pour me faire tracté par le hors bord Italien.
Bref j’ai trouvé un équipier, et pendant 7 mois on s’est bien marré pour préparer cette course :)
Vendredi matin, Massimo passe me prendre à la maison, on charge la tente dans la golf et direction Sylvaplana/Engadin, 6h de route.
Quand on passe le dernier col et qu’on descend dans la vallée, on en prend plein les yeux, c’est magnifique. Massimo est pret à appeler le boulot pour leur dire qu’il rentrera une semaine plus tard, c’est le paradis du kitesurf ici.
Petit picnic en attendant l’ouverture de l’acceuil du camping, et on en profite pour tester la Fenix3 du boss, qui nous sponsorise pour la course ;)
Si la montre dit vrai, c’est parfait. 15°C ça se fait tranquille en shorty.
On s’installe au camping, et la Massimo hallucine sur la taille de la tente. C’est un palace gonflable qu’on est en train d’installer.
Chacun sa chambre :)
Sur le camping on retrouve Tolga, mon covoitureur de l’evergreen. Ce grand fou vient de boucler le swissman 2 semaines plus tôt, et pars direct après le swimrun pour Roth, un ironman!
Sur le camping on rencontre des gars de la sarthe qui vont faire la course, ils sont un peu stressé par le dénivelé, chez eux la plus grosse bosse fait 20m de d+, ici y a 1400D+ au programme :) Leur objectif: 8h
Pour s’occuper, on fini de préparer nos affaires. Regarder le regard inquiet de Massimo
Mais qu’est ce qu’il fait?
Yep, des trous dans ses belles peregrines
Et maintenant?
Oui il se prépare à découper sa belle orca 3.8.
On voulait pas investir dans des combis à 400-500€ special swimrun, alors on a acheté de l’occase. Moi j’ai choppé une vieille orca 3.8 tout cramée, mais Massimo lui en a trouvé une en super état, il a attendu le dernier moment, mais finalement, il a bien fallu la découper.
Ce camping c’est vraiment le top, regardait moi ces chiottes
Et la vue en sortant des chiottes
Bon on avait prévu de se faire la bouffe au camping, mais avec la pluie qui débarque, finalement ce sera resto. On y va avec Tolga et son équipier qui est là en famille. Repas sympa avec beaucoup d’échange sur la préparation. Pour nous je suis confiant, pour Tolga et son pote, ça va être tendu. Leurs combi sont trop fines, et ils ont l’air un peu juste en natation. Par contre ce sont de très bon runner, leur objectif: 8h
Ensuite on passe une nuit tranquille, même si la mama Italienne et ces 2 marmots nous ont cassé les pieds jusqu’à 23h. Je m’attendais à ce que Massimo leur colle une raclée à l’italienne, mais ce couard n’a rien fait.
Au réveil, ça pelle. Le ciel est légèrement couvert, mais la vue est géniale.
Je me pelle grave pendant le petit dej et renfile mon duvet, ça fait bien rire Massimo et Tolga mais au moins je suis bien.
En fin de matinée on regarde le départ de l’épreuve sprint.
Vous voyez ces 2 gars en dossard rouge? Ils sont parti à 4’ au kil, bien plus rapide que les autres, mais ils sont sorti 5e de l’eau parceque l’un des 2 étaient en brasse …
Une disgrace me souffle Massimo :)
Puis on part se faire une petite répète/activation sur le parcours, avec un mini swimrun de 800m cap/500m nat qu’on fait 2x
ICI:
On laisse Tolga loin derrière nous, et ça me confort dans mon idée qu’on peut se les faire :)
Le midi, c’est Massimo à la cuisine, et en fait tous ces mois d’entrainement n’était qu’une excuse pour enfin pouvoir gouter à la fameuse sauce tomate de sa mère :)
Je ne vous en dirai pas plus :)
On récupère nos dossard, et ensuite on enchaine avec une bonne sieste, puis vérification du matos.
On rencontre des lyonnais, dont un à déjà fait la course l’an dernier. Leur objectif: 8h
(Vous sentez le truc récurrent là?)
17h direction le briefing de course. Trop long.
Après le briefing on fait la connaissance de nos voisins suédois, des ptits gars qui n’en veulent.
“C’est quoi votre objectif?”
“Oh on pense pas la gagner cette année, on est là pour apprendre”
Euh ok
“Et sinon quel temps?”
“Dans les 8h”
“Ok”
Mouhahaha
Bon je lui emprunte ses feutres, et je barbouille mes plaquettes avec les différentes sections du parcours.
Ensuite c’est un repas léger, parceque le midi on s’est vraiment péter la panse, puis dodo.
Je dors très bien et me réveille juste avant la sonnerie à 5h30. No stress.
Un bon gros caca avant le petit dej, tout va bien.
Encore une fois ça pelle, on déjeune dans le duvet, et avec notre superbe bonnet en polaire Otillo
Gatosport fabrication maison par ma petite femme, c’est bon, et ça se digère très bien :)
Tolga nous rejoins pour le petit dej et nous apprend qu’il a enfermé les clefs de son camion dans le camion, la journée commence mal. Heureusement tout son matos était dehors.
On s’équipe, tout était près de la veille, No stress.
Petite marche jusqu’à l’arrêt de bus, on croise un mec qui a oublié son bonnet. STRESS.
On s’arrete et on vérifie qu’on a tout :) Ouf tout va bien.
Arghhh les bus sont pleins, ça veut dire voyage debout, j’aime pas ça, j’ai peur pour ma cheville. Ah oui je vous ai pas dit, ça fait 2j que je me promène avec un tabouret pour ne jamais rester debout sur cette putain de cheville, je l’économise au max, alors le bus debout je suis un peu déçu.
Le bus suit un mec en VTT. Il envoi grave et on va le recroiser toute la journée car il suit un pote sur la course.
Enfin nous voilé arrivé sur le site de départ, Massimo file direct dans la file pour le caca de la peur. J’hésite car j’ai vraiment bien vidangé ce matin, mais finalement je fais la queue avec lui, et finalement quand vient mon tour, ça vidange encore une fois. Bon c’est sur je suis bien là :)
Vient le moment SM, ou on se graisse quasi intégrale au bodyglide, avant de se revétir de latex, hehehe.
Mise en position sur la ligne de départ, même technique qu’à la transju, on se colle à la ligne pour etre dans les 1ers au pied de la première bosse.
Les gars de la sarthe nous rattrape dans le faux plat montant en se moquant, euhh ok les gars, on en reparle dans 500m :)
Et hop on attaque la montée. Tolga et Tim nous dépasse, ils sont facile.
C’est raide et il fait chaud en combi, même si on est parti avec le haut défait.
On double en coupant quelques épingles, une fois qu’on a le bon rythme (élevé mais il faut pas se faire bouchonner en début de course) on s’accroche.
On passe les gars de la Sarthe, et on ne les reverra plus :)
Bon le concept de la gourde souple dans le maillot de triathlon trouve rapidement ses limites.
Le maillot se détend et la gourde glisse vers le bas, pour finalement venir se loger entre nos fesses. Trop classe. On a une espèce de gros étron collé aux fesses.
Pas très esthétique, mais la gourde ne bouge pas, et n’empêche pas de courir. Au bout de 5min on y pense même plus.
Arrivé au sommet, paysage de fou, on s’éclate les rétines, c’est magnifiques.
On attaque la descente, annoncé comme le passage le plus dangereux de la course pendant le briefing. C’est technique, en single, mais pas très raide. Pour nous c’est facile.
Rapidement sa bouchonne, il y a 5-6 équipes en file indienne devant nous. On en profite pour reprendre notre souffle. C’est lent et un sacré écart se creuse, on ne voit plus Tolga et Tim, il va falloir s’activer.
Je demande à Massimo si il est pret a attaquer la descente, j’entend une toute petite voix me dire ok, pas rassuré l’équipier.
Je repère un passage “practicable” entre 2 épingles, et on met le clignotant. On passe 3 équipes, mais une fois lancée, j’enchaine. Je gueule “on your left” et les équies se rangent pour nous laisser passer. On passe l’équipe qui bouchonnait, puis on a le champ libre et on déroule, on rattrape alors les équipes qui avaient pris de l’avance. “on your left” et on passe, 1,2,3 puis 4 équipes se font croquer.
On voit le 1er lac, on se met à marcher et on se prépare pour la natation.
Enfilage du bonnet et lunettes, enlevage de la chasuble, chasuble et plaquettes sur le bras droit,
enfilage du bras gauche de la combi, transfert chasuble et plaquettes à gauche enfilage bras droit. Zip de la combi, ajustage du cou. Je suis pret.
Massimo a du mal à enfiler, je lui passe l’épaule puis je le zip. On ajuste les lunettes, enfile les plaquettes et plouf.
1ère erreur, on avait pas tourner les pullboys pour les avoir entre les jambes.
On se relève, on met en place les pulls et on se remet à nager.
L’eau est très fraiche (10°), mais après 1h de grimpette/descente à bonne allure, c’est bien agréable.
2eme erreur, je suis parti à 90° de la “plage” sans regarder la sortie, au bout de 50m Massimo me fait signe, et je corrige la trajectoire.
En 6min c’est bouclé, tout petit lac, bon fallait pas que ce soit beaucoup plus long vu la température de l’eau.
On sort de l’eau tout déboussolé, et on commence à grimper en marchant.
Massimo trouve une paire de lunette, et on l’emmène avec nous au cas ou on retrouve l’équipe qui l’a perdu.
On se déshabille et on se met à courir, maintenant c’est de la descente, sur un chemin large.
Tolga et Tim nous repasse en nous demandant ou était le raccourci :)
Je pense qu’avec notre descente rapide, on les a repris au tout début de la natation.
Ils vont plus vite que nous et on les laisse filer.
D’ailleurs tout le monde va plus vite que nous, on se fait doubler de tous les côtés.
Nous on surveille le cardio, et on s’affole pas, c’est une longue journée.
On profite du paysage et on trottine gentiment jusqu’au lac suivant, celui ou on s’est entrainé la veille.
On remarque qu’on se fait doubler par un paquet d’équipe mixte. Les nanas courent devant et les mecs suivent en haletant derrière. Impressionnant.
à 500m du lac, on se remet à marcher, et on reprend le rituel.
Bonnet, chasuble, combi, chasuble, plaquette, lunette.
On arrive équipé et pret à nager, et ce coup là on se rate pas pour le pullboy.
L’eau est bonne (15°) et on nage. Massimo est à côté de moi.
Pas de drafting, car ça nous pourri notre glisse, on nage mieux côte à côte.
500m plus tard, on sort de l’eau en 8’07, 30s de mieux qu’à l’entrainement. La journée s’annonce bien :)
On sort, on se déshabille et c’est parti pour la 2e grimpette du jour avec 200m de D+
Sur la papier ça avait l’air courrable. Mais dans la réalité, avec les combis, c’est plus dur, et le cardio s’affole. On décide de marcher.
On voit à 100m devant Tolga et Tim, et on leur reprend du terrain, c’est bon ça :)
Une équipe allemande nous double en courant, ils envoient du lourd, et on se dit qu’ils vont pas tenir jusqu’en haut, et si ils le font, c’est pas bon signe pour la suite.
On double 2 équipes, et on rattrape Tolga et Tim. On reste derrière eux, puis on prend les commandes du petit peloton qui s’est formé lorsque la descente arrive.
Tout le monde s’accroche, malgré le bon rythme que j’impose.
Arret au 1er ravito solide, mais il n’y a que des gels. Marque inconnu, alors on goutte. Moi banane, infecte, et Massimo noisette, et ça a l’air bon.
1 verre de boisson energetique, 2 verres d’eau et on est reparti.
Et là c’est une connerie, on aurait du manger beaucoup plus. Mais ne connaissant pas les gels, on a pas voulu se tordre le bide. On va le payer plus tard avec une grosse baisse de régime.
Cette portion de course est annoncé à 5km, donc à 4.5km, encore dans la descente, on décide de se mettre à marcher et s’équipper.
Tout le monde nous passe et s’éloigne dans la descente.
Une fois équipé on relance, mais la descente ne se termine pas à 5k, et d’ailleurs on aperçoit le lac et il est encore loin. Aie.
Il fait chaud dans la combi.
On rattrape tout le monde, double, reprenons la tête du groupe, mais on crêve de chaud.
Et lorsque la descente s’arrête, on se retrouve devant 1km de plat avant le lac, en plein soleil.
Et là on prend cher. Le cardio s’envole, on avance pas, et on crève de chaud.
On arrive quand même avec le peloton au bord de l’eau. Bon on est prêt et c’est un bonheur de se mettre à l’eau.
850m au programme pour une belle traversée. Il y a du vent latéral, donc on vise à gauche de la sortie.
Et ça nage.
Très bonne sensation, mais Massimo prend de l’avance.
Une équipe mixte nous rattrape et je prend les pieds. Ca me permet de revenir sur Massimo, et on avance à bon allure pendant les 3/4 de cette nage.
Mais l’équipe mixte appuye et je me fais larguer. Massimo est resté avec eux, et il est obligé de s’arrêter pour m’attendre.
On sort 1min derrière eux, mais on les reprend rapidement en courant.
On prend notre temps pour se déshabiller, Massimo à les jambes raides et on a besoin de se réchauffer. On réalise alors que les natations de 1.4km et 1.2km plus tard dans la course, vont être bien difficile. Pas seulement pendant, mais surtout après, une fois qu’on est bien froid. Massimo a du mal à relancer, et moi j’ai la cheville qui pique pendant un bout de temps après être sorti de l’eau.
Zut rapidement Tolga et Tim nous reprennent et ils nous larguent. Bon sang on avance pas sur le plat.
Tout le monde nous dépasse, dont une équipe de gros, oui encore des gros qui me passent en course à pied, ça devient une habitude.
En fait on accuse le coup, on est à 3h de course, et on a mangé qu’un gel et un peu de boisson energetique.
On arrive au ravito suivant, au pied d’une autre bosse de 200D+, et ce coup là on se gave. 5 morceaux de bananes et 3 gels noisettes.
Trop bon ces gels noisettes, ni sucré, ni salé, ça passe tout seul.
Je fais le plein d’eau de ma gourde, et la remet en position, arf, bien sur elle glisse entre mes fesses, et j’ai l’impression d’avoir un god glaçon dans le cul …
Bon ça rafraichit quoi.
On est reparti devant Tolga et Tim, je ne sais pas comment, et il nous rattrape en mode turbo, il court dans la montée.
Mais Tim à l’air de souffrir derrière Tolga, il n’a pas une super foulée.
Nous on enclenche le mode marche rapide, et on reprend du monde. Bon on est à chier sur le plat, mais dès que ça grimpe ou descend, on en bouffe du monde.
On reprend, puis stabilise l’écart avec T&T.
Mais un arrêt cailloux dans la chaussure va nous faire perdre le contact. On ne les reprend pas dans la descente, et on se retrouve encore scotché sur le plat qui suit.
On approche du tiers de la course, et il est temps de faire un petit bilan. Bon on s’est bien remis du petit coup de mou, et les niveaux d’energies sont bon.
Aucune douleur, pas de fatigue ressenti.
C’est le moment de commencer les maths foireuses. Y a une barrière horaire à 13h45 juste avant la grande natation de 1.4k.
Il nous reste 2kils, une petite natation et une grosse bosse. Il est 11h40 on a 2h pour y arriver. Je calcule qu’il va nous falloir dans les 1h pour la bosse, donc on devrait arriver avec une petite heure d’avance sur la barrière horaire. Mais c’est pas vraiment celle là qui m’inquiète, mais la suivante à 14h30 après la grosse natation.
Sur le plat qui mène à la natation, on rattrape les gros. Ils ont chaud, très chaud. Nous on court toujours tranquille, un peu en dessous des 6 au kils. C’est pas glorieux, mais on ne fatigue pas, et on s’économise pour la fin de course, on a cette impression que ça va être vraiment dur ces derniers 20kils.
Petite natation, les bras commencent à être lourd. L’utilisation des plaquettes commencent à se faire payer. J’hésite à faire la prochaine à mains nues. Mais bon c’est le 1400m, si j’avance pas Massimo va se geler en m’attendant. Encore une fois l’équipe mixte nous reprend dans l’eau. Je prend l’aspi mais je ne tiens pas longtemps.
On sort de l’eau et on attaque la dernière grosse bosse, environ 300m D+. On redouble rapidement le couple, et on bouffe quelques équipes dans la montée.
Tiens mais qui voilà? ce ne serait pas nos fougeux allemands? Ils sont secs, fini de courir dans les montées. On les passe et ils bouffent notre poussière :)
Sur le chemin on croise beaucoup de randonneurs, à pied, à vélo. Beaucoup d’encouragement et de bonnes humeurs.
La course est vraiment agréable, très bon esprit de la part des concurrents, des gens qu’on croisent, et le paysage est incroyable.
D’ailleurs il fait toujours beau. La météo prévoyait une drégradation, mais on approche de midi et c’est toujours grand bleu.
Pratiquement en haut, on croise des chevaux en plein milieu du parcours, bah des batraciens en train de courir ça ne les gène pas plus que ça.
Et c’est reparti pour une descente. A fond bien sur :)
Les jambes répondent vraiment bien dans le dénivelé, que ce soit up or down. On se régale.
Bon forcément quand ça replate, on se retrouve scotché, mais on a bien avancé sur cette partie, et c’est comme prévu avec 1h d’avance qu’on passe la barrière horaire de 13h45.
Tout va bien.
Juste avant la grosse natation, il y a un mega ravito, et là on a vraiment les boules. Depuis le départ sur les ravitos il n’y a que gels et bananes. Mais là, juste avant de se mettre à l’eau dans du 14°C pour 30min, ils ont sorti le saucisson. Bah non on y touche pas, même si on en a une énorme envie.
C’est 3 gels noisettes, 2 bouts de bananes, 2 verres d’energie et 2 verres d’eau avant de se foutre à l’eau.
Rahhh bordel encore le caoutchouc de mes lunettes qui se barrent. Un volontaire se propose de m’aider, mais je gère bien. Rapidement je suis prèt, et on se met à l’eau. C’est parti.
L’eau est bien plus froide que dans les autres lacs. Mais ça reste agréable, enfin pour moi. Bon vu la distance, il faut se concentrer sur la glisse.
J’ai très mal au bras, mais j’ai une bonne glisse. Je me fais plaisir. Je pense que c’est ma meilleure natation. Massimo n’a pas l’air de trop m’attendre.
Une nouvelle fois le couple nous reprend, mais là je reste bien dans les pieds, et vais faire une grosse partie de la nat avec eux.
Je vois Massimo qui se retourne pour me surveiller, mais il a pris pas mal de distance. Il y a un bateau de la course, j’espère qu’on est pas à plus de 10m, on se ferait disqualifier. Je gueule et Massimo m’attend, on forme un petit peloton avec le couple et on continue notre cheminement. Bon sang c’est long quand même.
Enfin voilà le bout.
A la sortie une bonne soupe bien chaude nous attend, et c’est pas un mal. Perso tout va bien, le verre chaud me réchauffe les mains, et je suis rapidement prêt à repartir. Mais je vois bien que Massimo à pris un coup. Il tremble un peu et a du mal à bouger les jambes.
On repart en marchant et c’est pas glorieux. Dur, moi je pète la forme, après un bon rafraichissement comme ça je ne demande qu’à envoyer, mais Massimo peine grave.
On arrive dans un petit parc, et là près d’un BBQ on voit 2 gars à l’arrêt. C’est Tolga et Tim, ils sont gelés. Massimo en profite pour se coller près du feu 2 min.
On ne s’attarde pas et c’est reparti. Les compères nous suivent, mais je pense que c’est une erreur, ils grellottent toujours, et auraient du rester plus longtemps.
Massimo a un moment eureka, et réalise que son problème vient de ses pieds, pas de ses jambes. Plus de circulation sanguine. Ils délassent ces chaussures, et en 5min, c’est la renaissance Italienne qui s’opère. Ca y est on est reparti, yeeeehaaahhh. Rapidement on se retrouve face à la 2e grosse natation.
J’ai vraiment peur que Massimo me face un coup de mou monstrueux si on reste dans l’eau trop longtemps. Je décide de tout donner sur cette nat. Derrière il n’en reste que 2 assez courtes.
Et go.
Ce coup ci on longe la côte, c’est sympa de nager le long d’un chemin pédestre, il y a des supporters qui marchent en même temps que nous.
Bon sang je donne tout ce que j’ai, mais c’est vraiment plus grand chose. Qu’est ce que j’ai mal aux épaules.
Tiens le couple nous reprend, et me largue en 2s.
Massimo fait du dos à 2 bras en m’attendant. On pourrait même dire qu’il fait la planche.
Rahhhh c’est long, c’est dur, j’en chie.
Ca double de tous les côtés, fait chier.
Finalement on sort de l’eau. Je vérifie l’état de mon Massimo, bah impeccable. Le coup des lacets à changer la donne. Il m’annonce que pendant la nat on a dépassé T&T, et vue l’allure ou on redémarre, je pense qu’ils ne vont pas nous reprendre, surtout que ça grimpe, et quand ça grimpe, on assure.
D’ailleurs on commence à reprendre les équipes qui nous ont doublé pendant la nat.
C’est la seule portion de la course ou on garde la combi en courant.
1.4km apres un autre lac bien frais, ça passe.
Et nous voilà déjà devant l’avant dernier lac. Annoncé à 20° c’est comme nagé dans de la pisse qu’ils avaient dit au briefing. Bah vu l’état de l’eau, on est pas loin de la vérité.
Bon j’avance pas, mais c’est plus un problème, car le Massimo peut bien attendre, vu qu’il va pas finir congeler :)
On sort de l’eau, et là il faut faire une vidange des chaussures qui se sont chargées de cailloux, rahh perte de temps. Ensuite on fait un gros ravito, et on peut enfin se jeter sur le saucisson. Bon j’abuse un peu, et je vais roté la charcutaille pendant 2-3 km.
Et c’est reparti pour 9km de cap valloné, avec une petite bosse de 120m à avaler. Bon on est 2h avant la barrière horaire qui me faisait peur, tranquille. Par contre passer sous les 8h n’est plus trop au programme.
On court comme on peut, on a beau se sentir bien, on a quand même un marathon dans les cannes maintenant. On se fait reprendre par une équipe pendant une pause nature, et on leur emboite le pas. Les gars courent en continue, alors que nous marchons dès que ça s’éléve un peu, mais on relance direct sur le plat, et dès que ça descend un peu on leur repasse devant. Là on se dit qu’on va les atomiser ceux là. Déjà ils vont exploser dans la montée, et ensuite on va les croquer dans la descente.
En fait avant la montée il y a une petite descente, et on les largue, on reprend même 2 équipes avant d’attaquer la bosse.
Au pied de cette dernière bosse, ravito. On fait le plein, et on se laisse même convaincre pour un booster shot. Oh l’erreur, infecte le truc, genre medoc. Vite on rince ça à l’eau, une banane et on repart.
Ca grimpe, personne devant, personne derrière.
Puis ça bascule, et là on lâche les gazs, sauf que pour Massimo c’est pas du figuré, il lâche des megacaisses, et les vibrations de sa combi font trembler l’air autour de nous, incroyable.
Bon sang on est bien là, on reprend du monde, et on les enfume (toujours au propre comme au figuré). Bon on bat pas des records de vitesses non plus, mais on est vraiment facile, et en bien meilleur état que les autres équipent.
Ca se ressent dans les commentaires des spectateurs: Oh ils sont frais eux, belles foulées …
On aperçoit le lac, et Massimo veut se rhabiller pour une transition éclair, mais je me souviens qu’il y a un retour le long du lac, pour nager avec le vent dans le dos.
Et effectivement, on prend un petit chemin ombragé, qui nous permet de nous rhabiller en marchant.
Lorsqu’on arrive à la mise à l’eau, il y a 3 équipes à l’arrêt en train de se préparer, nous on ajuste nos lunettes, on glisse nos pullboy entre les jambes et on se met à l’eau.
Bim 3 places de gagnées.
Bon heureusement que c’est la dernière nat, car j’ai pu rien dans les bras, l’horreur.
On se fait reprendre par le couple, Massimo fait la planche, bref, une natation à Engadin quoi.
On sort de l’eau et là le Massimo est enragé, à peine le temps de chopper une soupe qu’il est déjà déshabillé et en train de courir. Avec le vent qu’il y a je me voyais bien courir un peu avec la combi, mais il a clairement l’intention de lâcher les chevaux.
Bon ok, il nous reste plus que 2km, ça sent l’écurie.
Et c’est parti, à fond les … ah non, au bout de 500m on est scotché, un monstre vent de face, bouh que c’est dur.
Alors Massimo nous sort l’idée de génie: on prend des relais contre le vent.
Yes c’est parti, mais en fait on est tellement sec, qu’on fait des relais de 200m :)
Et là, en mattant le chrono, on se rend compte qu’on est encore sous les 8h, et qu’il reste plus que 2kilos.
Bon c’est injouable, car on est quand même à 7h58, mais on pourrait faire un temps sympa.
Alors on s’accroche, on relance à chaque relais.
On reprend encore une équipe mixte, et il y en a une autre en vue.
A l’arrière pas grand monde, mais au loin on voit des gars en rouge qui se donnent. Faut pas se faire reprendre maintenant.
Massimo craque, il veut marcher, je lâche rien, je le motive et on relance.
On passe le pont, on longe la plage des kites, c’est dur, quel vent.
Ca y est voilà l’arche d’arrivé, arf non, un détour.
Non mais ils nous font courir sur le parcours de BMX, encore des bosses !!!
Et bim c’est le finish, 8h08’47s
Trop bon, 46e scratch et 31e équipe homme. On est allé au bout !!!!
Cette course elle est magnifique, elle est dure, mais c’est génial. Et on remet le couvert en octobre pour la Gravity Race à Annecy, avec plus de dénivelé et plus de nat :)
PS: Au final seul les Suedois auront fait moins de 8h, après c’est nous en 8h08 :)