Trail du Mole 2015
Trail du Mole 2015
Posted on May 25, 2015
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Depuis qu’on est arrivé dans le pays de Gex, en plein milieu du paysage, juste devant le Mt Blanc on voit cette montagne, au 2e plan, à gauche du Salève, c’est le Mole.
Elle est bien pointu cette montagne, un peu comme une pyramide. Et forcément à force de la voir cette montagne, ça fait un bout de temps que j’ai envie de la grimper.
Eh bien justement, il y a quelques temps, je tombe sur le trail Ultra tour du Mole, bon c’est un petit ultra, 30km, mais bien épicé, 3000m D+.
Ca me semble une bonne préparation pour le 80k du Mt Blanc.
En plus il est pas cher ce trail, 10€ si tu amènes à manger pour le ravito final. Bon pas de Tshirt, pas de médaille, mais franchement, perso, j’en ai rien à foutre.
Ce qui compte pour moi en trail c’est de découvrir une montagne.
Et dernier truc bien cool, c’est pas loin de la maison, 55km, tiens on pourrait même dire que c’est à porter de vélo … Tiens pas con ça, si j’y allais en vélo?
Oui courir 30km c’est sympa, mais j’ai envie de me tester un peu plus, alors c’est décidé, j’irai en vélo.
Je trace le parcours, ça devrait se faire tranquillement en 2h30. Et mon estimation pour le trail, entre 5 et 6h, soit 8h30 d’effort, pas mal.
L’intérêt du truc, c’est de voir dans quel état je suis lors des dernières ascensions, et quel allure je tiens quand je suis au bout, histoire de trouver un rythme de départ pour le 80k que je pourrais tenir tout du long.
La veille, je met une pizza de côté après le test du tout nouveau four à pizza au feu de bois, puis le soir, je prépare mon vélo, avec les bâtons attachés au cadre, puis je cuisine mon gatosport et je file au dodo rapidement.
Jour de trail:
J’avais mis le réveil à 5h, mais c’est à 4h30 que j’ouvre les yeux, cool ca va être moins le rush pour me préparer. Je prends mon petit dej tranquille, gatosport et thé vert, et à 5h30 j’enfourche mon vélo direction Marignier.
J’emprunte mon itinéraire habituel pour rejoindre Genève, je passe d’ailleurs au boulot récupérer mon antivol, puis je traverse la ville, pas un chat. J’ai battu mon record sur le trajet maison – boulot
Sortie de Genève, je traverse Annemasse, puis file sur la départementale, toujours pas de circulation. Je prend mon rythme longue distance, soutenu mais sans forcer.
Au loin la montagne que je vais grimper aujourd’hui.
Et finalement c’est en 2h que je rejoins le départ du trail, à 27kmh de moyenne. Tout va bien.
Il est 7h30, c’est l’ouverture du “village” de course.
Dans la coure de l’école maternelle, 2 barnums, je récupère mon dossard en 2min, il n’y a encore personne.
Je file au toilette me transformer de cycliste en traileur. J’en profite pour me soulager, ça à beau être une course sans grands objectifs, y a quand même 3000m D+ à grignoter.
J’ai à nouveau faim. Il me reste du gatosport. J’en grignotte quelques morceaux en attendant le départ.
Il fait grand beau, mais un nuage c’est accroché au sommet.
9h c’est le départ pour près de 230 concurrents. J’aime bien ces ambiances de petites courses. On est cool.
Ouh là départ super rapide, j’ai pris le rythme du semi. Bon tant mieux, J’ai l’intention de taper dedans sur toute la 1ère ascenscion (1500m D+) histoire de bien me casser les pattes et gérer par la suite.
Les petites bosses du départ sont plus raides que ce que je pensais, je suis direct dans le rouge. Le souffle est court, ça pique.
Après 6k et 45min j’arrive à la pièce de résistance on a déjà 400m D+ dans les pattes.
La bonne nouvelle c’est que j’ai des bonnes jambes, la mauvaise nouvelle c’est que j’ai le bide en vrac. Le gatosport mangé 30min avant la course ne passe pas. Bon ça aussi c’est un test grandeur nature, y aura bien des moments où j’aurai le bide en vrac sur ces 80k, alors je lache rien, et j’attaque.
Bon je me sens vraiment moyen. Je décide de relâcher la pression, mais bon quand on grimpe du +40%, on peut pas vraiment dérouler. En fait je continue à me mettre dans le rouge.
Il fait très humide dans la forêt, je transpire énormément, heureusement je suis parti avec un buff en bandeau, ce qui évite que ça me dégouline sur la face, mais sinon ça suinte de partout.
On prend très rapidement de l’altitude forcément à 42% et 1000m/h, le paysage est hallucinant, j’aurai bien pris une photo, mais j’étais dans le rouge, avec les batons, pas moyen de faire du tourisme.
Dans les lacets je coupe droit dans la pente, ça surprend les autres coureurs, mais moi le D+ bien raide, j’aime ça
On approche du sommet, et le nuage est toujours là. Ca gache un peu le panorama, et il fait maintenant bien frais.
J’ai les fessiers déjà tout contracté, ouch ça craint. Par contre les cuisses sont aux tops. Et avec les séries de pompes et tractions que j’ai fait récemment, j’ai une sacré puissance sur les bâtons.
Ah mais c’est pas le sommet, y a encore une bosse de 200m D+ à grignotter. Pourtant avec une grosse croix on aurait pu y croire.
Dans l’entre 2 bosses, je croise les 1ers qui ont déjà fait le tour du sommet, on s’échange des encouragements, c’est cool.
9km de course, 1ère ascenscion du Mole de la journée, je pointe en 114e position.
Et c’est parti pour la Descente … euh bof bof, je ne suis pas du tout à l’aise.
Je me fais doubler, et même larguer par les gens que j’ai passé dans la montée.
Je manque d’eau, mais le ventre va mieux. Pas de bol la fontaine naturelle ne donne rien, il faut continuer jusqu’au ravito, encore 2kils.
Et maintenant on remonte un peu pour mieux redescendre,
Je repasse là ou j’avais croisé les 1ers, je dois avoir 20min de retard, et puis c’était peut être pas les premiers en fait.
Ouf une fontaine, je fais pas le malin et je remplit de suite une gourde. Bon 5min après je tombe sur le ravito. Pas grave j’étais tellement en manque, et puis j’ai perdu quoi 3min ? Ouh loulou, mais c’est ma place sur le podium qui se joue là … Ah non
Miam, banane, coca et chocolat noir bon sang ça fait du bien le coca.
Tiens, on me reconnait comme le mec au vélo, on me demande d’où je viens. Quand je dis que j’ai fait 55k en 2h avant de venir, y a des mâchoires qui se décrochent
Je repars, toujours en descente, rah les crevards, quand on sait qu’il va falloir tout remonter pour retourner au sommet, ça fait mal. Y a plus personne autour de moi, j’ai été largué, et je suis loin devant mes poursuivants.
Ca descend longtemps sur une route forestière, assez facile, j’essaye de me décontracter au maximum, dérouler. Il va vraiment falloir que je travail mes descentes, que ce soit dans le raide ou en pente faible. J’ai les bons cuisseaux, mais une technique toute pourrie.
Ah enfin ça remonte, du raide pour changer. Je viens de me faire reprendre sur la fin de la descente, mais direct je repasse le gars.
Je retrouve même du monde et double. Ca tire un peu dans le mollet gauche, mais rien à voir avec les contractures des fessiers, je serre les dents et j’avance. Je pense que je n’ai pas encore tout à fait récupérer du Semi marathon de Genève il y a 2 semaines. Je m’étais bien mis la misère, et ça se sent.
Bon j’ai des batons et je m’en sers, je pousse très fort dessus, c’est génial, quel aide.
Hey on voit le sommet que l’on va rejoindre une 2e fois, cool.
Ah non, le monsieur en rouge me dit que je ne file pas par la case départ, je ne prend pas 20000€ et je replonge à droite pour une grosse descente. Ouahh c’est raide.
Allez on se décontracte, on laisse filer. Cool je reste avec les gens ce coup là. J’arrive même à doubler. Soit ils accusent le coup, soit je commence à mieux gérer.
Encore une fois on sait que tout ce que l’on dévalle, il va falloir le remonter. Ca c’est très dur mentalement.
Ouf ça remonte, mais bon ça devient très dur 2100m D+ d’avalé, reste 700 pour arriver au sommet.Oh merci les batons. Je me repose complètement dessus, avance de 2 pas, les replante 40cm plus haut et rebelotte. J’ai l’impression d’être à l’arrêt, mais je double à nouveau du monde. D’ailleurs en regardant mes stats, je suis encore à 750m/heure de D+ et c’est plutôt pas mal après 4h de course et 2h de vélo.
Ahhh enfin le sommet, pour la 2e et dernière fois. A nouveau je n’ai à plus d’eau. Je sais qu’il y a une fontaine pas loin, ça va le faire.
On rattaque la descente, c’est chaud, je peine, les abdos font mal. C’est monstre raide, y a de la caillasse de partout. Je suis avec un gars qui va à peu près à la même allure que moi. GAME ON. Je vais me le faire!
Bon ils font chier ces batons, ça me gène dans la descente. Je prend 30s pour les accrochers à mon sac. Le gars me prend 10m. Je rattaque fort, et le reprend en 3min, je passe devant. Il s’accroche. Allez gaz gaz gaz.
J’aperçois la fontaine, mais elle est très bas par rapport à la course, je m’engage et le gars me suite, mais on nous signale qu’elle est hors parcours et qu’il y en a une à 1km. On remonte les 10m perdus, et on reprend le chemin. Effectivement, on retrouve une fontaine. Je fais le plein. Et c’est reparti. On court à travers champs dans un paturage, superbe vue sur la vallée, c’est bien dégagé. Mais c’est rond, en fait on prend de plus en plus de pente. Et au moment d’entrer dans la forêt c’est vertigineux.
C’est parti pour la dernière descente, avec des passages à -40%. Ouh loulou c’est dur.
On vient de perdre 400m D- et y a encore 900 à perdre dans un single de foret tortueux et gras. Ca pique les jambes.
Je me demande ce que ça va donner sur le 80k, autant y a pas de soucis à grimper fatigué avec les bâtons, autant les descentes, ça va être chaud chaud chaud.
Je suis à bloc, mais je me fais doubler 3 fois. Par contre je double 2x. Je passe une nana qui m’avait gratté à la toute 1ère montée. Elle a 2 barres d’acier à la place des jambes maintenant, elle n’arrive plus à plier les genoux. Ouh comme elle peine.
Ca y est, je sors de la forêt et là surprise, je tombe sur ma famille qui est venu me chercher. Ah c’est bon ça.
On court main dans la main les 100 derniers mètres. C’est dur le plat après cette grande descente. Et hop la ligne d’arrivée, je rend mon dossard et on m’indique directement ma place: 97e
Pas mal, ça m’étonne d’avoir réussit à gratter 17 places après le 1er sommet, vu comme j’étais mauvais en descente. Il faut croire que j’ai bien compenser dans les montées.
Je dévore sur le ravito d’arrivé (bien aidé par les enfants) et c’est en camion que je rentre. J’aurai bien fait le retour en vélo pour décrasser, mais traverser Genève tout fatigué ça me tentais moyen. Et bon il faut l’avouer, je suis cramé!
Au final je suis très content de l’expérience. Pas de soucis pour tenir les 8h d’effort. Le rythme de fin de course, c’est entre 700 et 800m/h de D+, c’est ce qu’il faudra viser dès le début du 80k. Par contre il faut absolument que je bosse mes descentes.
Bon 1 semaine après la course, j’ai encore les fessiers bien tendus. Donc les entraînements D+/D- attendrons le weekend prochain. En attendant j’ai un nouveau vélo pour m’amuser: