Triathlon de Doussard 2013
Ce dimanche c'était mon 2e triathlon longue distance en 3 weekend, histoire de bien pousser mon entrainement pour l'ironman.
Mon objectif était de m'économiser sur le vélo en profitant d'un circuit moins violent qu'il y a 2 semaines, pour pouvoir gérer la course à pied sans douleur. Autant vous le dire tout de suite ça ne s'est pas passé comme prévu.
Samedi c'était le 1er juin, le jour le plus triste de l'année chez nous, car anniversaire de la mort de notre fils Vincent il y a 5 ans. J'ai passé la journée allongé sur les matelas dans le salon à caliner mes enfants. Aucune énergie pour autre chose, pas envie de sortir, pas envie de bouger, pas envie de manger, et surtout pas envie de préparer mon vélo, car c'est exactement ce que j'étais en train de faire quand l'accident est arrivé, préparer mon VTT pour aller voir là haut si il restait de la neige.
J'avais la nausée rien que d'y penser.
Heureusement le copain jeje s'est pointé à l'heure du gouter, on a bien discuté, puis de fil en aiguille je l'ai invité à diner, et ensemble on est allé préparer ce foutu vélo.
Réglage du dérailleur arrière, inspection des pneus, changement du pneu avant car j'ai repéré une hernie.
Puis j'ai ressorti ma bonne vieille checklist triathlon et j'ai préparé ma caisse de transport pour tout le bordel qu'il faut emmener pour une course.
J'ai ensuite préparé le repas du soir, des tomates mozarelle et la mega platrée de pasta.
Après qu'on se soit bien gavé, jeje nous quitte, et pour moi c'est l'heure de me coucher, 21h40, extinction des feux.
Malgré une journée de glande absolue, la fatigue mentale m'assome, et je m'endors de suite.
Réveil automatique, un peu avant 7h pour découvrir le jura ensoleillé, c'est de bonne augure, mais de l'autre côté, le bassin lémanique est dans le brouillard.
Un petit coup d'oeil aux webcams du côté du lac d'Annecy me rassure, là bas le ciel est chargé, mais le soleil perce, ça va le faire.
Gros petit dej (oui oui ça existe) et 3 tournées d'oeuf au lard, pour les moufflets qui se lèvent les uns après les autres.
J'ai le ventre bien rempli, mais j'ai 3h30 pour digérer, ça devrait aller.
Je charge la voiture et à 8h30 je décolle.
Sur le chemin j'écoute un vieux CD d'Elmer Food Beat. Je connais les chansons par coeur et chante à tue-tête. Mais rapidement la tristesse m'envahit, les souvenirs des temps heureux que déclenchent ces chansons, me font réaliser à quel point aujourd'hui je suis triste. Ca y est je chiale, seul dans ma voiture.
J'arrête de chanter, puis une autre chanson, automatiquement je reprend, et rebelotte. Je suis en vrac.
Finalement j'arrive à Annecy, fini l'autoroute, je me concentre sur le chemin et oublis mes malheurs.
Je longe le lac jusqu'à Doussard, qui est à l'autre bout, c'est très couvert, mais on sent que le soleil n'est pas loin.
Sur le lac je vois les bouées du parcours Natation, elles sont bien éloignées les unes des autres, le parcours en 1 boucle c'est imposant, on en parcours du chemin dans l'eau en 1.9km.
Arrivé à Doussard je m'engage dans le parking, il est déjà plein à craquer. Mais je vois une place tout près de la zone de départ, difficile d'accès à cause du monde. Après 2-3 manœuvres, ça y est la voiture est garée, super bien placée.
Je récupère ma licence et pars chercher mon dossard. Le lac est calme, magnifique.
photo Lac
Aujourd'hui je serai le numéro 388.
Je croise Fred, qui avait fait Rumilly 2 semaines auparavant. On bavarde un peu puis je retourne à la voiture et me change, puis j'emmène tout mon fourbis dans la zone de transition.
Ouah la gadoue. Le parc à vélo est dans l'herbe, c'est super pour courir pied nu quand on sort du lac, mais comme il a plu non stop depuis 3j, c'est détrempé, et une fois que les 500 triathlètes ont installé leur vélo, c'est un marécage.
Heureusement mon vélo n’est pas loin de la sortie, je n'aurai pas long à marcher dans la boue avec mes chaussures à cales et elles ne devraient pas trop se charger de boue, qui les empêcheraient de s'enclencher dans les pédales.
J'enlève mes chaussures, et en l'espace de 2 min, la boue gicle entre mes doigts de pieds. Je vais pas enfiler ma combi ici, sinon ca va la remplir de boue, pas super agréable dans une combi super moulante.
Je l'enfile près du lac pour pouvoir me laver les pieds. Brrrr l'eau est bien froide, 13°.
Une fois la combi enfilée, je pars faire quelques longueurs. Il y a bien sur le désagréable moment ou l'eau s'infiltre dans le dos par la fermeture éclair, mais rapidement elle se réchauffe dans la combi, et je suis bien. Les entrainements dans le léman glacial portent leurs fruits. Je fais un petit 100m pour me chauffer et je suis bien.
En revenant au bord, ça râle de tous les côtés, les gens sont gelés. HAHA.
Je retrouve Fred en train d'enfiler sa combi au bord de l'eau, on écoute ensemble le briefing de course, puis on se positionne ensuite à l'avant de la ligne de départ. Mais cette fois ci je reste pas en plein centre, je me mets bien à droite, éloigné de la trajectoire idéale, pour contourner les remous.
11h14 le départ est donné, je plonge, aucun soucis, je suis déjà bien acclimaté à l'eau. Je suis dans un trou, pas trop de monde autour de moi. Je peux prendre un rythme cool et respirer à ma guise.
Je contourne bien largement le ponton pour éviter le peuple et je vise la 1ère bouée. Personne sur ma droite, juste les canoés des sauveteurs et tout le monde à ma gauche. Niquel car j'ai tendance à virer à gauche, donc quand je rentre dans quelqu'un, c'est que j'ai perdu ma ligne, et que je dois corriger à droite.
Comme je ne me bas pas contre les autres nageurs, je peux me concentrer sur ma technique, et je file. Super sensation de glisse, je me sens bien.
Je passe la 1ère bouée, pas de virage, la suivante est dans l'alignement. Toujours de la place, personne ne me gène. La montre bip, 500m.
Rapidement je me trouve à la seconde bouée, là on vire à 130° et c'est reparti pour une longue droite.
J'étais parfaitement positionné et je prend la bouée à la corde, je me retrouve à nouveau tout à droite du peloton, et peux donc continuer à corriger ma trajectoire en fonction des gens à ma gauche. Pratiquement pas besoin de m'orienter en levant la tête pour repérer les bouées. Je peux donc bien baisser la tête dans l'eau pour allonger mes mouvements.
Bip 1000m, aucune fatigue, ça glisse.
On passe la bouée intermédiaire, et on file tout droit.
J'aperçois le groupe de tête qui a fait le trou, je suis à l'avant du groupe suivant, plus personne devant moi.
Bip 1500m, juste avant la bouée où l'on vire, encore une fois je peux prendre la corde, et file vers la sortie.
Je passe la dernière bouée puis longe la corde jusqu'à la plage.
Je sors de l'eau, regarde ma montre est là je vois 0'00 quoi? Je me souviens pourtant avoir démarrer le chrono en partant. Tout en courant pour sortir de l'eau, j'appuye sur le bouton départ, mais elle m'affiche stop, je rappuye et elle m'affiche start swimming. Je ne comprend rien.
J'appuye sur le bouton lap pour indiquer que je rentre dans la zone de transition, et elle m'affiche mon temps de natation, 29'53, ouf tout rentre dans l'ordre. J'ai du mal lire le temps en sortant de l'eau.
Hey, moins de 30min au 1900m, et aucune fatigue dans les bras à la fin. Je suis bien parti pour faire une natation autour de l'heure pour l'ironman, excellent.
Bon maintenant il faut patauger dans la gadoue pour traverser le parc à vélo. Je m’assois dans la boue, pulvérise mes pieds avec ma gourde en rabe pour les nettoyer, m'essuie et peine à enfiler les chaussettes. Après 30min dans l'eau à 13°, les mains sont bien raides.
J'enfile mes chaussures, mon maillot, mon casque, clips mon dossard et zou c'est parti. 3min de transition, pas terrible.
Je saute sur mon vélo à la sortie du parc, et c'est parti. Les jambes sont mega raides, mais avec le froid il fallait s'y attendre. zut j'arrive pas à clipser la pédale de droite, doit y avoir de la boue dans la cale.
Je tape la chaussure sur la pédale, mais rien n'y fait, je force, toujours rien. Je suis sur une ligne droite, je prend de la vitesse, puis me contorsionne pour voir ce qui ne va pas dans la calle sous la chaussure. De la boue, un gros paquet pris dans la calle. Je m'arrête sur le côté et pulvérise de l'eau avec ma gourde sous la chaussure, la boue dégouline, je repars.
Y a 5 mecs qui m'ont doublés. Ca clips toujours pas, je force, et finalement j'entend le claque, c'est bon je suis attaché à mon vélo, je vais pouvoir envoyer.
Rapidement je reprend les gars qui m'ont dépassés, ensuite on longe le lac jusqu'à Talloir. 38kmh de moyenne sur le plat, c'est bon ça.Par contre les jambes sont toujours raides.
On attaque ensuite le col de Bluffy, et là je me rend compte que ça va pas être facile. J'ai déjà mal aux pattes.
Je me fais doubler par quelques avions, mais dans l'ensemble, je vais plus vite que les gars qui sont sortis avec moi de la natation.
Une petite descente, puis on attaque le col du marais, du 4%, je suis à 20kmh, je devrais être plus haut, mais je n'y arrive pas.
Comme le parcours comporte des aller-retour, je croise le 1er, il descend comme une balle et il a un paquet d'avance sur le 2nd.
En haut du col du marais, on fait demi tour, à moi de descendre comme une balle, je double une bonne vingtaine de coureurs.
De Thones à Dingy, il y a une longue partie plate, très exposée et là je suis dégouté de voir que les gars que j'ai grillé dans la descente me reprenne, en relais. C'est interdit, au triathlon on est en contre la montre, interdit de prendre le vent des autres.
Malheureusement sur cette section, aucun arbitre ne viendra pénaliser ce groupe de 5-6. Moi j'en chie mais je refuse de me mettre dans leur groupe.
Au km 53 je croise Fred qui va dans l'autre sens, je vais pouvoir juger de son avance. J'arrive au rond point au km 56, il a donc 6kil sur moi, ouah c'est énorme. Je sais que je n'arriverai pas à le reprendre, et qu'il va me larguer encore plus sur la course à pied.
J'ai essayé de manger un peu au ravito, mais je n'ai pas faim et l'estomac pas en super forme. Même l'eau n'a pas l'air de passer, ça fait floc floc.
Dans les montées j'essaye de me redresser pour libérer mon estomac, mais rien n'y fait, c'est pas terrible.
Le reste du parcours est une succession de petites bosses, puis de faux plats descendants. Il y a beaucoup de vent. Ma moyenne est bonne, plus de 31kmh mais j'étais censé l'atteindre en m'économisant et là j'ai bien mal aux jambes.
Mais sur cette 2e partie du parcours, beaucoup de monde me double. Non seulement je suis moins bon que la dernière fois, mais en plus il y a un niveau bien plus élevé.
Je m'inquiète un peu pour la cap, mais je me souviens qu'à Rumilly, mes jambes étaient encore plus cramées quand j'ai posé le vélo et j'ai couru les 18km sans plus de problèmes que ça.
Ca va aller.
Le parcours se fini en longeant le lac à nouveau, c'est magnifique. Ma moyenne a un peu baissé sur cette partie mais je tourne quand même à 34kmh sur le plat.
Me revoilà au parc à vélo. Je décide de ne pas défaire mes chaussures sur le vélo, pour ne pas marcher pied nu dans la boue.
Je pose le vélo, change de chaussure, et pars. Oups j'ai gardé mon casque. Retour au vélo, je dépose mon casque, et c'est reparti.
La grande classe de faire la course à pied avec le casque de vélo sur la tête ...
En sortant du parc à vélo, je vois 3 gars alignés sur une haie en train de pisser, je me joins à eux. Ahhhh ça soulage.
Et c'est parti. je me sens beaucoup moins bien qu'à Rumilly, je regarde ma vitesse sur la montre, et je vois 7min/kil. J'attend un peu et revérifie, 6'45 ouh làlà qu'est ce que c'est lent.
Je me dis que ça va se dégripper et que ça ira mieux au prochain kil, puis je réalise que je regarde ma vitesse moyenne, et que forcément avec l'arrêt pipi c'est mauvais.
Je passe en vitesse instantanée et tout de suite c'est plus réaliste, 5'45. Ca c'est plus dans ce que je pensais, d'ailleurs un peu plus loin j'ai la confirmation, je passe le 1er km en 5'38.
Les jambes sont lourdes, mais la vitesse est là.
Le parcours de course à pied est difficile, pendant 5km ça grimpe, d'abord doucement, puis assez raide, ensuite 2km de plat, une belle descente de 2.5km, du plat, et on recommence.
Dans le raide je chute à 6min/kil mais sur le plat je redescend à 5'45. C'est dur, je commence à me dire que ça va être long, puis je réalise que je suis dans un coin magnifique, alors c'est bien si c'est long, je vais pouvoir admirer le paysage, profiter du fait d'être dehors. Et là ça va mieux, pas de douleur particulière, les jambes bien que lourdes déroulent quand même, je suis bien.
Je boucle le 1er tour en 54min, ça me va bien.
J'attaque le 2nd tour, mais là où j'étais à 5'45, je suis maintenant à 6 et le plus raide n'est pas encore là. Dans le dur, je m'accroche, et ne faiblis pas, je ferai les même temps qu'à l'aller. Sur le plat et la descente j'irai même un peu plus vite. Mais ces efforts se payent, je commence à avoir mal aux quadriceps, mes ptites pattes avant.
Je lâche rien, et commence même à reprendre du monde après la descente. C'est assez rare pour être souligné, en tout je doublerai 7 personnes sur la course à pied, yeahhh.
Dernière ligne droite pour retourner aux parcs, le vent en pleine face, c'est dur dur dur.
Ca y est le parc à vélo est là, il faut encore le contourner, je tape dans les mains des gamins, je ne lâche rien, il ne va pas revenir sur moi le mec que je viens de doubler.
J'entend qu'un gars fini en 5h10 et 8s, allez je veux finir dans les 5h10 aussi, je renvois des watts, et je passe la ligne en 5h10 et 34s, heureux.
Je souffle un peu, croise Fred assis dans l'herbe, il a l'air cramé, je passe au ravito me faire une grosse assiette de taboulet, rillette et paté, puis le rejoins.
Il fini en 4h40, il me met plus de 20min dans la face, bravo Fred. Déçu par son triathlon de Rumilly, il a donné un max sur le vélo, et résisté en course à pied alors qu'il était près à craquer, bravo, belle course.
Il est maintenant temps de remballer, et rentrer retrouver ma famille.
En passant devant le lac, je réalise qu'on a eu du pot ce matin, parceque maintenant il y a pas mal de houle, et on se serait bien fait chahuter avec les mêmes conditions.
Tom