Ce weekend c’était course, j’aime bien les courses, ce que je n’aime pas c’est quand il fait super beau la veille, et que je peux pas bouger pour garder du jus pour le lendemain. Mais bon j’ai passé du bon temps avec les enfants (quand je n’étais pas en train de me fâcher avec eux) et j’ai bien squatté la chaise longue sous le dit soleil. Cool.
Alors ce dimanche c’était vélopodole, mais qu’est ce que c’est? Facile, une course de tordu comme je les aime. Un triathlon des neiges avec pour épreuves:
- Course à pied type cross
- Vtt avec matos de ski de rando embarqué
- Ski de rando
Le tout en partant de Trelex pour aller toucher l’observatoire de la Dole puis une descente à la Trélasse. Et sous un superbe soleil. (non garantit mais là on l’a eu)
Trelex c’est à 30min de la maison, je pars 1h30 avant la course pour pas me stresser. Sur place je lutte un peu pour trouver le parcours vita où l’on va courir. Je tourne 10min puis finalement je trouve, pas beaucoup de place pour se garer, heureusement qu’on est qu’une centaine à courir.
Je récupère mon dossard puis en retournant chercher le vélo au camion je tombe sur Benjamin de la team Berthies Sport, on s’est croisé sur les courses automnales l’an dernier. On tape la discutte et j’apprend qu’il fait pas mal de ski de rando catégorie collant-pipette. Connaissant son niveau de cap, y a des chances qu’il joue la gagne aujourd’hui.
Et tout autour de moi, y en a des collants-pipettes et des bonnets Pierra Menta. C’est gars là on la caisse, je vais prendre cher. Heureusement il y a aussi pas mal d’amateurs, de touristes, avec des VTT de descentes, des gars en short de VTT, et même des gars qui se demandent ce qu’ils font là.
Avec benjamin après avoir posé nos vélos en T1, on part s’échauffer, on fait un tour du parcours cap. On discute du choix vestimentaire. Il fait frais mais on va vite avoir chaud. Ce sera collant T-shirt pour la cap, puis j’enfilerai la veste coupe vent pour le vélo. Meme choix pour Benjamin. Finalement il est plutot long ce tour de terrain, et on se prend un coup de stress en ne voyant pas le bout alors qu’on est à 10min du départ.
Finalement on retrouve la ligne de départ, juste à temps pour le briefing de course.
C’est simple, on court, on attrape nos vélos, et on grimpe :)
Allez hop c’est parti, 2 tours pour 4.5km avec pas mal de petites buttes dans la forêt. Je me suis placé derrière les gars qui ont l’air costaud, mais pas loin de l’avant. Ca démarre vite, et en descente, je me laisse aller et je double. Y avait 2 gars en vetement ironman tout à l’avant qui bouchonnent et se font rapidement mangé. Bon dès que ça remonte j’en chie. Le cardio s’affole, les jambes sont lourdes, ouh la ça démarre pas terrible cette course.
A nouveau une descente, je prend encore quelques places, mais à la montée suivantes c’est moi qui bouchonne. Je relance sur le plat, mais le cardio flirte avec le 180, pour une course qui va faire dans les 3h c’est ptet un peu violent comme départ.
Je décide de lever un peu le pied et de laisser le cardio vers 170. Mais on arrive sur la portion montante donc forcément ça pique et ça reste entre 175 180, bref, je morfle, et perd quelques places.
2e tour, je reviens sur les gars qui m’ont doublé, mais je reste sagement derrière. Cardio toujours dans les 170, mais j’ai déjà l’impression de pas avancer (et ce n’est pas qu’une impression car je suis au dessus des 5′ au kils) alors je serre les dents. C’est reparti pour la partie montante, mais ce coup là je reprend des gars, y en a un qui marche 8| on est à 18min de course! Ce coup là au bout du parcours je tourne à droite, traverse la route, et me voilà en T1.
J’ai monstre chaud. Je suis en TShirt manche longue et collant, pas moyen que j’enfile le coupe vent. Alors rapido j’essaye de le fourrer dans mon sac, mais avec les skis accrochés sur le sac, je lutte. J’ai l’impression de perdre 200 places, il me semble meme entendre l’animateur se foutre de ma gueule. Finalement la veste est dans le sac. Je peux pas partir sans, j’en aurai surement besoin en haut de la montagne.
Au moment ou je m’élance, un mec se vautre dans le virage à la sortie de T1, ça va il a rien, mais la gestion des skis sur le dos en VTT c’est chaud, le centre de gravité se retrouve super haut, et dans les virages gravillonnés ça ne pardonne pas.
Je pose mes chaussures de run dans la caisse, et j’enfourche mon vélo. Je double rapidement une nana et un mec, et je vois un groupe de 4 pas très loin. Faut que je me colle à eux.
Un petit coup d’oeil au cardio, 165 et stable, parfait. C’est le rythme que je vise sur cette partie. Je rejoins le groupe facilement et décide de doubler. Hop 4 gars avalés. Après un virage j’en vois 2 qui ont 500m sur moi, c’est mon nouvel objectif.
En fait ils sont 5, je grapille mètre par mètre, mais il va falloir être patient. On est à 2km, encore 11kil de VTT et on a pas vraiment commencé à grimper.
Au km3 petite descente, ça secoue bien, avec les skis sur le dos en diagonale, je vais bien gaffe de pas m’accrocher dans un arbre. Et tout d’un je sens un choque sur ma chaussure droite, puis la gauche. C’est mes chaussures de ski qui bougent, avec les chocs, elles se déplacent. L’espace d’un instant je visualise mes grolles en train de se faire la malle dans la forêt. Heureusement elle reste accrochée au vélo, quand le chemin se calme, je peux facilement les replacer, et m’assure qu’elles ne vont pas se barrer. J’aurai du serrer plus fort ou utiliser des sangles plutôt que des tendeurs. Bon ça tient, faudra y aller mollo dans les descentes. De toutes façons on est censé faire que grimper maintenant.
Bon maintenant y a le strap de ma chaussure de ski à gauche qui touche ma chaussure de vélo. Rien de grave mais ça m’énerve. Je passe un bon kilomètre à la bloqué, forcément je ralenti et ça revient derrière.
Finalement je parviens à régler mon soucis et me reconcentre sur l’effort. Les gars devant se sont éloignés, le cardio est au plus bas, il est temps de remettre les gaz.
Ca tombe bien on attaque la montée. Je reviens rapidement sur le groupe de 6, j’en croque 2, puis les 4 suivants. Je met un coup de collier pour ne pas qu’il s’accroche. C’est bon ils sont loins, je me remet en vitesse de croisière. Bon c’est chiant quand je force, j’ai la hanche qui picote comme à la fin de l’année dernière. Il va vraiment falloir que je me muscle de ce côté.
Je pédale rond et souple, et ça grimpe.
Je double même des gars sans ski, qui font le relais. C’est bon pour le moral :)
Mais juste après le dépassement, j’entend un vélo qui s’approche. Le gars s’accroche ou alors ça remonte fort? Bingo, un gars qui roule fort, et avec des skis sur le dos. A ce moment là je ne suis pas à fond alors je décide d’essayer de rouler avec lui. Et là surprise: le gars est en FatBike, oui c’est VTT avec des roues énormes genre tracteur. Le vélo est superbe. Cadre titane, jantes carbones. Je tape la discutte. Je félicite le gars d’emmener un si gros vélo, et là il me fait le détail. C’est bien un titane sur roue carbone, et en fait le machin est assez léger, 11kg. Quasi le même poids que mon canyon alu tiens.
Tiens un relais nous rattrape, ah dommage pour moi, FatBike lui emboîte le pas, et le rythme est trop élevé pour moi. J’ai le dos qui tire avec les skis sur le sac, alors je me redresse et me détend un peu.
Personne en vue derrière, ça roule.
Je rattrape un autre relais, et au meme moment je me fais doubler par un relais, 2 gars sans ski autour de moi. A ce moment là épingle à droite et mur de pierre. Je tourne large pour attaquer le mur, mais mon pneu avant s’échappe et le vélo se vautre. Je déclipe à temps et rattrape le vélo. Mais le relais m’a passé, il cherche pas à attaquer et descend de vélo pour pousser. Moi je n’ai plus d’élan et je me met donc à pousser aussi.
Le relais que j’avais doublé me repasse, il est sur son vélo et forcément ça passe plus vite quand on roule.
Sauf qu’en haut du mur j’entend raoul, vous savez le cri qui desaoul. Le gars a un peu taper dedans dans le mur, et arrivé en haut il rend son ptit dej. Désolé mais là je suis mort de rire. Le gars se marre aussi et me dit que c’est sa 1ère sortie VTT de l’année. Il trouve ça dure. Je confirme, monter à la Dole par les chemins, c’est pas ce qui se fait de plus facile. Même si là on est sur le chemin le moins raide.
Je remonte sur le vélo et joue au chat et à la souris avec le relais devant moi. Il roule mieux quand ça monte, mais perd ces moyens dès que c’est technique. Je reste derrière lui jusqu’à ce qu’on arrive à la fin de la montée vers St Cergues, là il y a un gars qui reviens sur moi, avec des skis.
Et là c’est tendu. Devant moi, des marches, étroites, le long d’une parois rocheuse. Il faut porter le vélo et se mettre de travers pour que les skis passent. Ca va les jambes répondent, je passe les marches sans encombre. Rebelote 20m plus loin. Le gars derrière moi me colle aux basques.
Jusque là quasi pas de neige, le chemin étant exposé plein sud, tout à fondu, mais en arrivant sur St Cergues les parties ombragées sont enneigées, et sur la dernière rampe avant la route je manque de me gauffrer quand la roue arrière chasse. Je descend et pousse le vélo. Une fois sur la route un volontaire m’indique la route. Je remonte et je pousse sur les pédales. Rapidement je largue le gars qui m’avait rejoins.
Je traverse St Cergues et au lieu de prendre la route de la Givrine, on prend une petite route à moitié enneigé tout à côté des pistes. C’est roulant, ça passe facile. J’ai les jambes, je pousse. Devant moi je retrouve le relais, je vais me le faire. Et hop croquer, et un autre gars avec des skis dans la foulée.
J’arrive au ravito, j’attrape rapidement un verre d’un liquide rouge, merci le volontaire même pasà poser le pied à terre. J’ai rien avalé depuis le début, j’en suis à 1h30 de course, mais tout va bien.
Le parcours nous amène devant une barrière qui bloque un chemin, pas moyen de la contourner, il faut descendre du vélo et passé la butte sur le côté. Derrière c’est enneigé, un chemin de rando raquette.
La neige est bien tassée. Souple au soleil mais parfaite à l’ombre. Il n’y a plus de pente, je met la gomme. Je rattrape encore un gars, ça roule bien là, et c’est superbe, il fait beau, je roule sur la neige, au milieu des montagnes, hannn c’est bon.
Juste avant la T2 je reprend un dernier gars, et devant les appareils photo et caméra je fais mon dépassement, ouhhh je suis bien content là.
Je ne m’en rend pas compte sur le moment, mais il n’y a pas beaucoup de vélo en T2, dans ma tête je suis dans les 50, mais en fait il y a moins de 20 vélos dans le parc :)
Ce coup là la transition se passe niquel, je décroche facilement les chaussures de ski, décroche les skis du sac, enfile les chaussures et chausse rapidement, le gars à côté de moi arrivé avant moi râle, il s’en sort pas, trop de truc qui merde. Je repars avant lui.
Devant moi 3 skieurs, c’est assez plat, arghhh j’avance pas. Forcément habitué au ski de fond/skating depuis des mois, traîner mes gros skis et chaussures sur le plat c’est lent. Je reviens gentiment sur le trio et les gobbes, il y a un gars qui me suit depuis la transition, je le sens juste derrière moi, mais en fait il est à 20m. Lui je le laisserai pas me passer!
Devant moi au loin je vois un gars, et personne après. Bon j’ai mon objectif, il faut que je le mange celui là.
Je ne regarde pas ma montre, pas besoin, le gars de derrière me fourni la motivation suffisante pour pousser fort. Il décroche pas le gars. Chaque fois que je change mes cales, je jette un œil derrière et il est toujours entre 10 et 20m derrière.
Par contre je me rapproche du gars devant, il a l’air de peiné. En haut de la rouge, il n’est plus très loin, peut être 50m.
Je crois Frederic de Trail Léman qui est volontaire sur la course. Ca y est je suis en haut, plus que 300m de plat en léger devers jusqu’à l’observatoire. Je choisi de passer au plus haut, ou le chemin est plus plat. Bon choix, le gars de devant déchausse un ski et peine à rechausser dans le dévers. Je le passe, et dans la foulée je double une concurrente. Je croise le gars au FatBike qui amorce la descente, rahh il était pas si loin.
Plus personne devant moi maintenant je jette un oeil derrière, une file de 5-6 concurrents espacé de 10m. Faut rien lâcher, mais je suis assez confiant pour la descente. J’ai des gros skis, et je connais pas grand monde qui descend plus vite que moi, alors c’est pas des gars avec des allumettes qui vont me la faire.
Je touche l’observatoire et c’est le moment de dépeauté. On est 5 côte à côte, il faut que je reparte premier, IL FAUT QUE JE REPARTE PREMIER.
Je resserre les chaussures, chausse les skis, enfile le sac. Zut j’ai pas sorti la veste. J’enlève le sac, sort la veste, met la veste, renfile le sac et GO. YES je suis le premier du groupe.
Je pousse bien fort sur les batons, ça glisse bien sur le plat. Position schuss et j’en profite pour resserrer les chaussures.
Je crois pleins de concurrents sur le plat.
J’attaque la descente, tout droit, tout schuss. Rapidement ça pique les cuisses. Je sers les dents.
Il y a encore pleins de monde qui grimpent. J’encourage, et on m’encourage. Super ambiance.
Ouahhh ça brule là, les cuisses en feu, mais je garde la position, SCHUSS.
Virage à droite je reprend le chemin du départ, personne derrière moi. Je reste en position. Puis quand ça ralentit trop je pousse sur les batons. Je vois l’arrivé, on fait un détour à droite, puis virage à gauche, pas de patineur et YES je passe l’arrivé. Personne ne m’a doublé sur la partie ski, haha dans les dents les collants pipettes :)
Je reprend mon souffle et demande mon classement au pointeur, il va voir sur l’écran, me redemande mon N° de dossard, puis comme si c’était normal m’annonce 14e
QUOI QUATORZIÈME?
Alors non seulement j’ai pris mon pied pendant 2h46, mais en plus je fais un super classement. Benjamin vient à ma rencontre, et là un organisateur m’interpelle. “En fait tu n’es pas 14e”. Ouais ça m’aurait étonné aussi. “En fait tu es 10e, il y avait 4 relais devant toi”
Benjamin me félicite, j’ai du mal à y croire, houuuu comme je suis content :)
Je jubile même.
Petite photo finisher, puis ravito, puis raclette. Hmmm la bonne raclette. Dommage une seule assiette.
Puis c’est le moment de refaire le sac, recharger les skis, pour redescendre à la voiture. Marrant le regard des cyclistes qui grimpent de voir un gars redescendre à vélo avec ses skis sur le dos :)
Une belle journée, une belle course originale. Je reviendrai :)